Rubrique : Photographie

Les Messagers, autour du film de Laetitia Tura et Hélène Crouzillat, par Olivier Favier.

 
« En nous rapprochant d’eux, au risque de devenir l’un des leurs, ce n’est plus la masse indécise des victimes ou des « envahisseurs » qui se montre -seul choix donné par le spectacle des médias dominants- mais une somme d’individus qui, au fond, sont parmi les rares à vivre vraiment ce que notre société faussement libérale nous érige en modèle: des héros solitaires, capables de prendre leur destin en main, de risquer jusqu’à leur vie pour la rendre meilleure. Parmi eux, on trouve l’adolescent rêvant d’une méritocratie qui lui offrirait de se rendre à l’école, l’entrepreneur qui voudrait tant pouvoir monter son affaire, le père et la mère de famille qui se battent pour leurs enfants, l’intellectuel en mal d’espace pour développer ses recherches, le démocrate en souffrance de devoir taire ce qu’il pense, ce qu’il est, l’aventurier surtout, dont la télévision nous vend quotidiennement de si pauvres ersatz, candidats pathétiques à des périples absurdes, dépourvus de nécessité. »

Olivier Favier

Calais, le jour d’après, par Olivier Favier.

 
« Le 2 juillet 2014, à 6h30 du matin, le centre de ravitaillement de la rue de Moscou a été évacué par les forces de l’ordre. L’article qui suit est le récit de choses vues et entendues les 3 et 4 juillet, en marge des comptes-rendus factuels rapportés par les principaux médias, sur la base des déclarations officielles et des dépêches de l’AFP. »

Olivier Favier

Quarto: le football contre la camorra, par Angelo Mastrandrea.

 
« Un rêve est en train de se réaliser dans cette petite ville de 40 000 habitants du bout de la banlieue nord de Naples: celui d’une poignée de jeunes soustraits à la loi de la rue et impliqués dans un projet qui exige d’eux qu’ils soient étrangers à toute chute dans l’illégalité, d’une équipe arrachée des mains de la camorra et rendue à la citoyenneté, d’un projet qui met aussi en avant que ce qui relève du football est politique et culturel. »

Angelo Mastrandrea

Je hais le nouvel an, par Antonio Gramsci.

« Je veux que chaque matin soit pour moi une année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me renouveler chaque jour. »

Antonio Gramsci

Le roi des poupées (extrait), par Edmondo De Amicis.

 
« Et sur les tables, les sièges, les rebords des fenêtres sont jetées, dans toutes les attitudes, de grandes poupées nues, la chevelure tragiquement défaite, les yeux mobiles hagards, les bouches qui parlent grandes ouvertes, les unes aveugles, les autres boiteuses, d’autres mutilées, des têtes séparées de leurs bustes, des troncs tendant leurs bras, des bras et des jambes éparpillées: spectacle horrible qui me rappela l’antre fantastique de Jacques l’Éventreur vu dans une baraque de la place Victor-Emmanuel lors du dernier carnaval. »

Edmondo De Amicis

Omar et la mécanique du monde, par Léonard Vincent.

 
« Disons qu’Omar est un Érythréen. Mais au fond, peu importe. Qu’il ait plutôt été somalien, soudanais ou éthiopien serait plus ou moins revenu au même. Avec sa fuite vers l’Europe, les problèmes qu’il s’apprête à poser au monde sont sensiblement identiques. »

Léonard Vincent

Solo per sfogare il core: les jardins de Bomarzo, par Olivier Favier.

 
« On a beaucoup et magnifiquement écrit sur Bomarzo, et je n’aurais pas la vanité d’énoncer quelque banalité impressionniste sur ce qui appartient désormais, à l’instar d’Arcimboldo ou de Jérome Bosch, à l’imaginaire du Surréalisme comme à la Renaissance européenne. Je m’en tiendrai à l’aveu du rêve de m’y rendre un jour, récemment réalisé. Que l’endroit soit devenu un parcours sagement fléché pour les excursions du dimanche, il faut conclure à l’inévitable. Pour autant le Bois sacré de Vicino Orsini n’a presque rien perdu de sa suggestion. Les photographies qui suivent, je l’espère, suffiront à le montrer. »

Olivier Favier

Poussière du jour. Le Paris d’Ed Van der Elsken, par Olivier Favier.

 
« Dans les années cinquante, sur l’autre rive, il y avait un autre café. Il accueillait une jeunesse qui, sans le savoir vraiment, inventa une autre façon de vivre, qui écrivait des phrases définitives sur ses pantalons, éclaircissait ses cheveux à l’eau de javel, ratatinait le chapeau-clac d’un ancien dadaïste changé en bourgeois stalinien, s’endormait sur les tables quand elle avait trop bu, et pour sa part la plus brillante, passa du lettrisme au situationnisme. »

Olivier Favier

Dernier bonheur, par Olivier Favier.

 
« Oh! Souvenirs doux et déchirants!… Et ce fut mon dernier bonheur. »

Gabriele d’Annunzio

Les jardins de la Villa d’Este, par Olivier Favier.

 
« Dans l’allée des gargouilles, un grand loup gris s’est figé sous le sortilège humain. Dans ce monde ordonné et courtois, l’amour a disparu, asocial et sauvage. Ses yeux de flamme ont refroidi dans la pierre et son corps est dissous dans la feinte éternité des hommes. »

Olivier Favier