Mot-clé : France

Le sourire d’Omar, par Olivier Favier.

 
« Il y a quelques semaines, d’autres nouvelles m’arrivent par une connaissance commune, qui racontent tout autre chose. Elles sont si tristes que je mets plusieurs minutes pour accepter qu’il n’y ait pas de confusion possible. Omar ne va pas bien, il est souvent absent de l’école, seul dans un appartement, en proie à des addictions. L’assistante familiale qui l’a accueilli quelques mois plus tôt les fins de semaine a proposé une adoption. Mais le projet a été refusé par l’Aide sociale à l’enfance. Mieux, on l’a presque aussitôt replacé au foyer. À la suite de cette énième déception, Omar s’est effondré. »

Olivier Favier

A gesture for Denko, by Moussa Badjè Doumbia.

 
« I wish to take this opportunity to thank from the bottom of my heart all those who made a gesture for Denko. I reiterate my unshakeable support to the educator whois at risk of losing her job for having expressed her personal distress. In memory of Denko, we must pursue our struggle for a better welcome for isolated minors, but mostly, for that of all men in the world of mankind. »

Moussa Badjè Doumbia

Who killed Denko Sissoko? by Olivier Favier.

 
« Seen from the window of room 796 from which on January sixth last, a sixteen-year-old teenager from Mali jumped out into the void in circumstances still partially unexplained, the city lights give the landscape a strangely inaccessible appearance. We are at a thirty minute walk from the center, on the heights of la Résidence Belleveu. In the evening haze, the modest Marne county town takes on the image of a dreamed-about Europe. »

Olivier Favier

À Calais, quelques femmes du bidonville, par Olivier Favier.

 
« Un dimanche matin, au buffet de la gare, j’ai observé deux jeunes Érythréennes et leurs amis. Tous avaient pris de grands cafés liégeois. Leur bonheur ressemblait à celui qu’on peut souhaiter à des jeunes de leur âge en de pareilles circonstances, fébrile, insouciant, tout absorbé à découvrir le monde et ses nombreuses bizarreries. »

Olivier Favier

La conscience et l’enfant mort, par Sylvain Petit.

 
« Peut-être que nous sommes nombreux à caresser de vains espoirs.
Mais tant que nous serons vivants, nous continuerons à espérer dans nos frères.
Ne pas le faire, c’est être mort. »

Sylvain Petit

Calais, un autre cercle au purgatoire, par Olivier Favier.

 
« Cette nuit je pense à ce bras de mer dérisoire et infranchissable qui sépare ces deux grandes nations si fières de leur universalité, l’Angleterre des libertés individuelles et la France des droits de l’homme. À ces deux grandes nations qui ont appris au monde entier, que les hommes avaient un corps dont ils pouvaient disposer et qu’ils naissaient et demeuraient libres et égaux en droits. »

Olivier Favier

À Calais, des migrants meurent aussi, par Olivier Favier.

 
« En septembre 2014, les chiffres du l’Organisation internationale pour les migrations ont fait état de 3072 morts en Méditerranée pour les huit premiers mois de l’année, soit quatre fois plus que l’année précédente. Durant cette période, près de trois-quarts des décès de migrants dans le monde ont eu lieu aux frontières de l’Europe. Cette réalité tragique, massive, en cache une autre qui touche cette fois l’intérieur de l’Union. Selon le bilan établi le 8 janvier par le collectif No Border, au moins 18 personnes ont perdu la vie à la frontière elle aussi maritime entre la France et le Royaume-Uni. C’est là un triste record que la presse n’a pour l’instant guère relayé. »

Olivier Favier

Dublin 2 : le cauchemar se poursuit en exil, par Olivier Favier.

 
« Dans l’attente d’un nouveau rendez-vous en préfecture, leur séjour est autorisé jusqu’au 27 novembre. Au-delà, ils risquent de se voir signifier une expulsion vers un pays qui les a torturés. Parvenus en Hongrie, craignent-ils encore, on pourrait aussi décider de les renvoyer au Tibet. »

Olivier Favier

Calais, le jour d’après, par Olivier Favier.

 
« Le 2 juillet 2014, à 6h30 du matin, le centre de ravitaillement de la rue de Moscou a été évacué par les forces de l’ordre. L’article qui suit est le récit de choses vues et entendues les 3 et 4 juillet, en marge des comptes-rendus factuels rapportés par les principaux médias, sur la base des déclarations officielles et des dépêches de l’AFP. »

Olivier Favier

Lettre ouverte des membres du Conseil scientifique du Musée sur l’histoire de la France et de l’Algérie.

 
Chercheurs impliqués bénévolement dans la réalisation du musée sur l’histoire de la France et de l’Algérie, nous avons appris avec une très grande surprise votre intention d’abandonner ce projet très avancé à un an de l’ouverture du musée. Ceci s’est fait de manière abrupte et improvisée, sans dresser un bilan du projet avec l’équipe qui le menait avec dynamisme depuis trois ans, et sans concertation avec le Conseil scientifique du musée, composé de chercheurs qui s’étaient mobilisés pour soutenir sa réorientation, redonner au projet la légitimité scientifique qu’il méritait, et qui ont joué un rôle considérable dans la préparation des salles du musée et des expositions temporaires. En tant que membres de ce Comité, nous déplorons le gâchis que représenterait l’abandon de ce projet de musée sans équivalent en France.