Nous ne savons que trop bien, par Olivier Favier.

 
« Nous ne savons que trop bien que, lorsqu’une manifestation n’est ni interdite ni déviée au dernier moment, qu’elle ne fait pas le choix d’un itinéraire à risques, elle ne génère normalement aucun débordement. »

Olivier Favier

Calais, le jour d’après, par Olivier Favier.

 
« Le 2 juillet 2014, à 6h30 du matin, le centre de ravitaillement de la rue de Moscou a été évacué par les forces de l’ordre. L’article qui suit est le récit de choses vues et entendues les 3 et 4 juillet, en marge des comptes-rendus factuels rapportés par les principaux médias, sur la base des déclarations officielles et des dépêches de l’AFP. »

Olivier Favier

Massacre de Thiaroye, vers un mensonge d’état? entretien avec Armelle Mabon.

 
« La France doit aussi admettre que le chiffre officiel n’est pas de 35 morts. Sur les dossiers des victimes, est tamponnée la mention « Pas mort pour la France ». Il faut que la France reconnaisse qu’ils sont précisément morts pour elle.

Sans ce courage politique, les peuples d’Afrique qui savent depuis 70 ans que la vérité sur Thiaroye n’a jamais été dite, risquent de percevoir ces événements autour de Thiaroye comme un affront.

Quant à l’Armée, je ne pense pas qu’elle souhaite que le couvercle se referme hermétiquement. Il en va de son honneur.

Il faut préciser que le ministre des Colonies, au vu des rapports que l’on sait maintenant mensongers, avait indiqué que la répression armée était indispensable. Si l’État français refuse de reconnaître le massacre, la spoliation, le procès mené à charge, il y aura alors un mensonge d’État. »

Armelle Mabon

Radio passagers, la voix des migrants, questions à Léonard Vincent.

 
« Au départ, lorsque j’ai eu cette idée d’une radio gratuite et téléchargeable pour les migrants, j’ai fait le tour de quelques institutions et entreprises. Tout le monde m’a répondu la même chose, ou à peu près: l’idée est formidable, on pourrait vous aider, mais il faut d’abord remplir des dossiers, monter une entreprise, répondre à des appels d’offres, démarcher, prendre des rendez-vous aux quatre coins de l’Europe, s’intégrer à des lignes budgétaires prédéfinies, prouver la rentabilité d’un modèle économique… Mon idée est donc de commencer à produire d’abord, et de faire tout cela après. Je pense qu’il vaut mieux aller faire toutes ces démarches sur la base d’une radio qui produit et d’un auditorat qui écoute, plutôt que le plus joli dossier du monde en quatre couleurs, avec de belles feuilles Excel ultra-complexes et sa plus belle cravate. Pour moi, notre temps exige d’ouvrir les portes à coups de pied, ou alors d’accepter de rester pour l’éternité dans la salle d’attente. »

Léonard Vincent

Besoin d’une ville? Appelle Berlusconi (1977), par Camilla Cederna.

 
« Ils le considèrent comme l’un des plus grands spéculateurs immobiliers de notre temps qui, se servant de grosses protections vaticanes et bancaires, vend les maisons et prend l’argent avant même de les construire, gagnant pour son compte des milliards d’intérêts. Il est lié d’abord avec la base de la Dc (Marcora et Bassetti), ensuite avec son centre, de sorte que le secrétaire départemental Mazzotta lui est dévoué. Son autre point de référence est le Psi [Parti socialiste italien], autrement dit Craxi, autrement dit Tognoli, autrement dit le maire. Voilà qui entre en contradiction avec son aversion pour l’urbanisme comme compromis entre politiciens et constructeurs. »

Camilla Cederna

Pourtant je m’élève, par Maya Angelou.

 
« Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève »

Maya Angelou

Lettre ouverte des membres du Conseil scientifique du Musée sur l’histoire de la France et de l’Algérie.

 
Chercheurs impliqués bénévolement dans la réalisation du musée sur l’histoire de la France et de l’Algérie, nous avons appris avec une très grande surprise votre intention d’abandonner ce projet très avancé à un an de l’ouverture du musée. Ceci s’est fait de manière abrupte et improvisée, sans dresser un bilan du projet avec l’équipe qui le menait avec dynamisme depuis trois ans, et sans concertation avec le Conseil scientifique du musée, composé de chercheurs qui s’étaient mobilisés pour soutenir sa réorientation, redonner au projet la légitimité scientifique qu’il méritait, et qui ont joué un rôle considérable dans la préparation des salles du musée et des expositions temporaires. En tant que membres de ce Comité, nous déplorons le gâchis que représenterait l’abandon de ce projet de musée sans équivalent en France.

Dopés pour travailler plus: les travailleurs-esclaves de l’Italie centrale, par Angelo Mastrandrea.

 
« La pilule qui aide à supporter la fatigue coûte à peine dix euros, au marché noir de l’esclavagisme pontin. Singh a deux possibilités: faire fondre directement le contenu dans la bouche ou le mélanger au chai, le thé des sikhs. »

Angelo Mastrandrea

Révolution, par Sławomir Mrożek.

 
« Dans ma chambre le lit se trouvait là, l’armoire ici, entre les deux il y avait la table. Jusqu’au jour où j’en ai eu assez. Je déplaçai le lit ici, et l’armoire là. »

Sławomir Mrożek

Chronique d’un lynchage annoncé, par Angelo Mastrandrea.

 
« La nuit du 25 avril à Borgo Bainsizza, dans la province de Latina, au sud de Rome, une ronde de citoyens frappent quatre mineurs roms. C’est le dernier d’une campagne pour l’évacuation du camp d’Al Karama, entre menaces contre ses défenseurs et psychose sécuritaire. Les victimes parlent. »

Angelo Mastrandrea