Le bonheur en écho, par Olivier Favier.

 
« Le passionné ne vit que de signes, signes qui viendront confirmer – et tôt ou tard infirmer – la justesse de ses sentiments. Or ces signes, on le sait, sont extérieurs à l’amour véritable. Ils viennent précisément en substitut à l’être qu’à aucun moment le passionné ne souhaite ramener à sa réalité.  »

Olivier Favier

Les yeux inévitables, par Olivier Favier.

 
« Tous les secrets du temps sont clos dans la lumière. »

Olivier Favier

Je vais t’appeler Amal, par Agnès Druel.

 
« Je ne pourrai jamais assez te remercier d’être entré dans ma vie, de m’avoir raconté ton histoire. Parce que si sur ton bateau en plein milieu de la mer tu n’as pas cessé d’y croire, moi je n’ai pas le droit de baisser les bras, je n’ai pas le droit de ne plus vouloir me battre et je n’ai pas le droit de renoncer. Nous avons le même âge Amal, et cela aurait pu être moi sur le bateau, cela aurait pu être moi au Caire, perdue dans une ville que je ne connais pas, à suivre des cours du soir pour apprendre un alphabet qui m’est étranger, loin des personnes que j’aime. »

Agnès Druel

Vénétie barbare de mousses et de brumes, par Goffredo Parise.

 
« Si la Méditerranée recèle des trésors cachés d’art et de culture comme les bronzes de Riace (qui semblent d’improbables créatures vivantes), dans cette terre de Vénétie vivaient pourtant avec leurs elfes et leurs kobolds les cultures nordiques et barbares, non plus méditerranéennes mais forestières, champignonneuses et moussues, gelées et embrumées, l’imagination d’Andersen et des frères Grimm, les steppes de Russie et ses synagogues. »

Goffredo Parise

Calais, un bidonville en état d’urgence, par Olivier Favier.

 
« En un peu moins de deux ans, le nombre des migrants présents sur la commune de Calais a été multiplié par dix. L’unique bidonville d’état, qui a remplacé à sept kilomètres du centre les différents camps et squats au printemps dernier, a atteint jusqu’à six mille habitants à l’automne. Depuis début juin, la moyenne est pratiquement d’un décès par semaine, la zone portuaire et les voies d’accès sont désormais hérissées de barrières et tout contact est coupé entre la population calaisienne et les candidats au passage vers l’Angleterre. À ces derniers s’ajoute une population d’exilés qui s’installent dans le camp car c’est l’un des rares lieux où ils sont « tolérés » sur le territoire français, sans même le désir de passer la frontière. Pour ces délaissés du « pays des droits de l’homme », aucun état d’urgence n’a été déclaré. »

Olivier Favier

À Calais, quelques femmes du bidonville, par Olivier Favier.

 
« Un dimanche matin, au buffet de la gare, j’ai observé deux jeunes Érythréennes et leurs amis. Tous avaient pris de grands cafés liégeois. Leur bonheur ressemblait à celui qu’on peut souhaiter à des jeunes de leur âge en de pareilles circonstances, fébrile, insouciant, tout absorbé à découvrir le monde et ses nombreuses bizarreries. »

Olivier Favier

Calais, 13 novembre 2015, par Olivier Favier.

 
« Dans notre monde où l’information circule en temps réel, le réel s’écoule partout ailleurs comme le temps. »

Olivier Favier

Adam, de sang et d’eau, par Olivier Favier.

 
« Quand je l’ai rencontré, il se tenait timide, très droit, très grand et un peu maigre, auprès d’une dame venue de Paris. »

Olivier Favier

Jean-Luc Einaudi, ou le temps saturé d’ « à-présent », par Olivier Favier.

 
« Le propos de Fabrice Riceputi est une sorte de mise en abyme judicieuse et respectueuse du travail effectué par Jean-Luc Einaudi sur le 17 octobre 1961. »

Olivier Favier

Le long voyage, par Leonardo Sciascia.

 
« Moi je vous embarque la nuit, avait dit l’homme: une sorte de commis-voyageur pour le bagou, mais au visage sérieux et honnête- et de nuit je vous débarque: sur la plage du Nugiorsi, je vous débarque, à deux pas de Nuovaiorche. »

Leonardo Sciascia