Mathieu, éducateur en charge de 140 mineurs isolés: « notre papa à tous », par Olivier Favier.

 
« Dans l’un d’eux tenus par un vieux monsieur d’origine algérienne, il y a comme un air de pension de famille, les jeunes vont et viennent, souriants. Un adolescent guinéen de quinze ans et demi me salue: « Monsieur M., c’est notre papa à tous. » Enjoué, il a déjà oublié la nuit passée en garde-à-vue au commissariat, où venu pour faire une évaluation, il est ressorti avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français]. Elle n’a évidemment plus aucune validité puisque depuis lors il a été reconnu mineur. »

Olivier Favier

Mohamed a 18 ans, par Olivier Favier.

 
« Mineur isolé étranger pris en charge par le conseil départemental de l’Aisne, Mohamed a eu 18 ans le 9 octobre. À l’approche de sa majorité, les professionnels qui suivaient son dossier ont alerté à plusieurs reprises leur hiérarchie: venu de Somalie, Mohamed n’avait pas de papiers, et sans contact avec des proches demeurés au pays, il était dans l’impossibilité d’obtenir le moindre document officiel. Le jeune homme a essayé de mobiliser l’ambassade de Somalie à Paris, en vain. On imagine aisément la suite. »

Olivier Favier

« Aucun ménagement à garder »: pour une autre histoire de la Mission Congo-Nil, par Olivier Favier.

 
« Tout cela a commencé dans le Congo de Brazza où Marchand avait pris le contrôle militaire et où, pour mettre fin aux velléités de rébellion des populations locales, il a donné cette simple consigne à ses hommes : « Aucun ménagement à garder ». »

Olivier Favier

Bambo ou les rêves noyé, par Olivier Favier.

 
« Je suis venu d’abord pour me sauver. »

Bambo

Rome, par Carlo Bordini.

 
« On ne perçoit jamais le danger à Rome, tout comme la mort; à Rome on peut être agressés sans s’en apercevoir, parce que tout rebondit sur la consistance caoutchouteuse de cette ville. »

Carlo Bordini

Angola, par Guido Mazzoni.

 
« Je croise Rino Genovese Boulevard du Montparnasse, nous nous connaissons mal, nous passons les premières minutes à calibrer les distances, nous traversons les paysages mentaux que les personnes traversent pour aborder les personnes. D’ici quelques mois il aura soixante ans ; je pense à ce que c’est d’avoir soixante ans, voir sa propre vie devenir indéchiffrable pour celui qui existe maintenant, régresser dans le passé. La dalle au-dessus de nous se meut sans nuages, les passants derrière les tables du bistrot marchent sans but. Nous sommes en août, c’est dimanche. Je régresse moi aussi. »

Guido Mazzoni

Jeunes Égyptiens sur la nouvelle route des migrants, par Stefano Liberti.

 
« Entre l’ouverture de nouvelles routes, la fermeture des vieilles et les engagements pris par le gouvernement sur les identifications, tout semble indiquer que le débarquement d’aujourd’hui à Augusta n’est que le prélude d’un problème qui dans les prochains mois semble destiné à devenir explosif. »

Stefano Liberti

Chroniques d’exil et d’hospitalité, par Olivier Favier.

 
« À tous ceux qui m’ont offert une chaise, à manger et à boire dans les camps de Calais et d’ailleurs, pour toutes les histoires, les poignées de main, les sourires, les accolades, pour toute cette chaleur humaine qui est la richesse de ce monde. »

Olivier Favier

Monsieur et madame tout le monde, par Olivier Favier.

 
« Les CRS, en fin de compte, c’est un peu le public captif de l’orateur raté. »

Olivier Favier

Les feuillets d’Ikonnikov, par Vassili Grossman.

 
« L’amour aveugle et muet est le sens de l’homme.
L’histoire des hommes n’est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L’histoire de l’homme c’est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d’humanité. Mais si maintenant l’humain n’a pas été tué en l’homme, alors jamais le mal ne vaincra. »

Vassili Grossman