Conversation avec Saverio la Ruina, par Federica Martucci.

 
« Lorsque j’écris, je dis à voix haute ce que j’écris. Tout ce qui résonne dans le corps et accroche des gestes reste. Ce qui se révèle inerte, littéraire, je le réécris. »

Saverio La Ruina

Arrange-toi, entretien avec Federica Martucci, traductrice et comédienne.

 
« Le travail de traduction théâtrale est un travail de transmission, transmission d’un outil de travail pour les acteurs et le metteur en scène, transmission d’éléments visibles et invisibles, du sens et du son, un travail presque intuitif de recherche de l’impulsion rythmique et de la respiration des voix, pour moi c’est un exercice dramaturgique plus que linguistique. Et bien entendu en tant que traducteur on est confronté aussi à des choix.

En poursuivant le travail en tant que comédienne j’éprouve en direct et vérifie sur le plateau ces choix de traductrice et l’efficacité théâtrale de la traduction. Le travail réalisé à partir du texte d’origine en amont me procure aussi une connaissance poussée du texte, de sa construction, de sa dramaturgie qui prend toute son expression et son sens durant les répétitions. »

Federica Martucci

Le processus de Khartoum: un choix contre les migrants, par Filippo Miraglia.

 
« Le Processus de Khartoum est un choix qui peut favoriser dans les faits, en plus des affaires des entreprises de la guerre, en plus du racisme politique et institutionnel, le business des voyages de l’espoir, qui souvent se transforment en voyages de mort. »

Filippo Miraglia

Le temps sensible de Laetitia Tura, par Olivier Favier.

 
« Laetitia Tura me raconte patiemment, pour la énième fois sans doute, ces histoires transmises, puis écoutées et réécoutées sans cesse lorsque, en 2013, de tout le matériau accumulé, il a fallu opérer une sélection, bâtir un montage, une narration. »

Olivier Favier

Ce silence, par Massimo Sgorbani.

 
« Souvent nous nous retrouvons à prononcer un discours avec une voix que nous seuls entendons, mais qui de fait ne peut jamais venir au monde, exister. Du reste, et cela aussi est absurde, nous parlons durant toute notre vie avec cette voix inaudible, précisément. Nous sommes, en un certain sens, ce silence. »

Massimo Sgorbani

Dublin 2 : le cauchemar se poursuit en exil, par Olivier Favier.

 
« Dans l’attente d’un nouveau rendez-vous en préfecture, leur séjour est autorisé jusqu’au 27 novembre. Au-delà, ils risquent de se voir signifier une expulsion vers un pays qui les a torturés. Parvenus en Hongrie, craignent-ils encore, on pourrait aussi décider de les renvoyer au Tibet. »

Olivier Favier

Quelques notes sur une « manifestation sauvage », par Olivier Favier.

 
« En rentrant, j’ai appris qu’un Érythréen de 26 ans était mort à Calais le 25 octobre, la veille du décès de Rémi Fraisse. C’est le douzième migrant à perdre la vie dans cette ville depuis le début de l’année. Mais c’est aussi le genre d’informations qui n’intéresse plus guère que la presse régionale et les sites militants.

De leur côté, le pouvoir et la rue continueront de dormir. Les Parisiens ne sont pas des sauvages. »

Olivier Favier

Les Tibétains de Conflans, par Olivier Favier.

 
« Des Tibétains, il en vient ici depuis 3 ans. Une soixantaine est prise en charge par l’association, une quarantaine ailleurs en hébergement d’urgence. Une autre soixantaine dort dans des tentes en plein vent, rangées dans les niches d’un pont voisin destiné aux cyclistes, ou dans les infrastructures du pont routier qui passe juste au-dessus. »

Olivier Favier

Le ciel de Montreynaud, par Olivier Favier.

 
« Sur la porte de la sacristie, je lis cette phrase : « On a très peu d’argent, on ne peut aider que les urgences. » Dans le bâtiment de l’église Sainte Claire, à ce que j’ai pu en lire, une soixantaine d’urgences ont trouvé refuge, dont une dizaine d’enfants. »

Olivier Favier

Mos Maiorum: du 13 au 26 octobre, l’Europe à la chasse aux migrants, par Olivier Favier.

 
« Alors que la presse européenne commémore le naufrage du 3 octobre 2013, une opération policière européenne de longue durée se prépare dans la plus complète opacité. La révélation récente par Statewatch d’un document officiel émanant de la Présidence italienne de l’Union européenne, en date du 10 juillet 2014, n’a eu aucun écho dans les médias francophones, à l’exception notable de quelques sites alternatifs. Alertées à leur tour, les associations commencent à réagir. »

Olivier Favier