Le temps sensible de Laetitia Tura, par Olivier Favier.

 
« Laetitia Tura me raconte patiemment, pour la énième fois sans doute, ces histoires transmises, puis écoutées et réécoutées sans cesse lorsque, en 2013, de tout le matériau accumulé, il a fallu opérer une sélection, bâtir un montage, une narration. »

Olivier Favier

Ce silence, par Massimo Sgorbani.

 
« Souvent nous nous retrouvons à prononcer un discours avec une voix que nous seuls entendons, mais qui de fait ne peut jamais venir au monde, exister. Du reste, et cela aussi est absurde, nous parlons durant toute notre vie avec cette voix inaudible, précisément. Nous sommes, en un certain sens, ce silence. »

Massimo Sgorbani

Dublin 2 : le cauchemar se poursuit en exil, par Olivier Favier.

 
« Dans l’attente d’un nouveau rendez-vous en préfecture, leur séjour est autorisé jusqu’au 27 novembre. Au-delà, ils risquent de se voir signifier une expulsion vers un pays qui les a torturés. Parvenus en Hongrie, craignent-ils encore, on pourrait aussi décider de les renvoyer au Tibet. »

Olivier Favier

Quelques notes sur une « manifestation sauvage », par Olivier Favier.

 
« En rentrant, j’ai appris qu’un Érythréen de 26 ans était mort à Calais le 25 octobre, la veille du décès de Rémi Fraisse. C’est le douzième migrant à perdre la vie dans cette ville depuis le début de l’année. Mais c’est aussi le genre d’informations qui n’intéresse plus guère que la presse régionale et les sites militants.

De leur côté, le pouvoir et la rue continueront de dormir. Les Parisiens ne sont pas des sauvages. »

Olivier Favier

Les Tibétains de Conflans, par Olivier Favier.

 
« Des Tibétains, il en vient ici depuis 3 ans. Une soixantaine est prise en charge par l’association, une quarantaine ailleurs en hébergement d’urgence. Une autre soixantaine dort dans des tentes en plein vent, rangées dans les niches d’un pont voisin destiné aux cyclistes, ou dans les infrastructures du pont routier qui passe juste au-dessus. »

Olivier Favier

Le ciel de Montreynaud, par Olivier Favier.

 
« Sur la porte de la sacristie, je lis cette phrase : « On a très peu d’argent, on ne peut aider que les urgences. » Dans le bâtiment de l’église Sainte Claire, à ce que j’ai pu en lire, une soixantaine d’urgences ont trouvé refuge, dont une dizaine d’enfants. »

Olivier Favier

Mos Maiorum: du 13 au 26 octobre, l’Europe à la chasse aux migrants, par Olivier Favier.

 
« Alors que la presse européenne commémore le naufrage du 3 octobre 2013, une opération policière européenne de longue durée se prépare dans la plus complète opacité. La révélation récente par Statewatch d’un document officiel émanant de la Présidence italienne de l’Union européenne, en date du 10 juillet 2014, n’a eu aucun écho dans les médias francophones, à l’exception notable de quelques sites alternatifs. Alertées à leur tour, les associations commencent à réagir. »

Olivier Favier

La Chapelle: dans la nuit des réfugiés, par Olivier Favier.

 
« Sous le pont du métro aérien, entre les stations Barbès et la Chapelle, les nuits ne sont pas seulement bruyantes et inconfortables. Chaque matin, à l’heure où Paris s’éveille, une demi-heure avant le premier métro, la police évacue les jeunes gens qui y dorment, lampe-torche au poing. C’est pour l’instant la seule intervention des pouvoirs publics en direction de la centaine de migrants, Soudanais et Érythréens pour l’essentiel, qui y ont trouvé refuge. En allant jusqu’à la station suivante, à Stalingrad, ils sont peut-être trois cents. »

Olivier Favier

22 août 1914 : cent ans d’oubli, par Olivier Favier.

 
« Ce « combat de rencontre », comme on l’appelle encore, est l’épicentre du plus vaste engagement de toute la première guerre mondiale. Le même jour, les Allemands mènent une offensive de moindre ampleur, sans être mieux informés des manœuvres adverses. Quoi qu’il en soit, les lignes se sont brusquement rapprochées et des combats éclatent tout au long d’un front qui s’étend de Mons à Belfort, sur près de 600 km. À Rossignol, ce sont 7 000 soldats français qui meurent dans la journée, 17 000 pour les quinze batailles livrées dans le Luxembourg belge, 25 000 sur l’ensemble des combats. Ce record macabre n’a jamais été dépassé depuis dans l’Histoire de France. »

Olivier Favier

Les réfugiés syriens de la Porte de Saint-Ouen (2), par Olivier Favier.

 
« Un homme d’une trentaine d’années, qui ne veut pas dire son prénom, demande un rendez-vous à Mohamed Majidi. Ses besoins ne sont pas seulement administratifs. Sa famille a été tuée dans la guerre, lui a-t-il déjà expliqué, lors d’un échange précédent. Je regarde sa main qu’il tient nerveusement contre son cœur, et la petite étoile qui y est tatouée. Parmi ces jeunes qui nous parlent, certains sont là depuis quelques semaines, d’autres depuis plusieurs mois. Beaucoup sont méfiants à l’idée de se rendre au bureau de France Terre d’asile, qui gère les cas des adultes isolés, ou dans celui de la Cafda, qui accueille les familles. Une rumeur aussi persistante qu’infondée leur fait craindre une confiscation du passeport. »

Olivier Favier