Rubrique : Positions

Mohamed a 18 ans, par Olivier Favier.

 
« Mineur isolé étranger pris en charge par le conseil départemental de l’Aisne, Mohamed a eu 18 ans le 9 octobre. À l’approche de sa majorité, les professionnels qui suivaient son dossier ont alerté à plusieurs reprises leur hiérarchie: venu de Somalie, Mohamed n’avait pas de papiers, et sans contact avec des proches demeurés au pays, il était dans l’impossibilité d’obtenir le moindre document officiel. Le jeune homme a essayé de mobiliser l’ambassade de Somalie à Paris, en vain. On imagine aisément la suite. »

Olivier Favier

Monsieur et madame tout le monde, par Olivier Favier.

 
« Les CRS, en fin de compte, c’est un peu le public captif de l’orateur raté. »

Olivier Favier

Nous sommes tous des violents, par Nicola Chiaromonte.

 
« La violence, donc, est intrinsèque à la nature des choses et de l’homme. Mais la folie de ceux qui exaltent la violence, ceux qui aujourd’hui disent que « sans violence on n’obtient rien » (écho de la phrase célèbre de Marx, selon laquelle « la violence est la sage-femme de l’histoire ») consiste dans le fait qu’ils érigent en principe de raison ce qui est un élément constitutif du destin humain, et comme tel échappe à toute raison. Dès lors, faire de ce qui échappe à toute raison un principe tant de raison que d’action, en plus d’être une contradiction logique, est une désastreuse transgression. »

Nicola Chiaromonte

Jean-Luc Einaudi, ou le temps saturé d’ « à-présent », par Olivier Favier.

 
« Le propos de Fabrice Riceputi est une sorte de mise en abyme judicieuse et respectueuse du travail effectué par Jean-Luc Einaudi sur le 17 octobre 1961. »

Olivier Favier

La conscience et l’enfant mort, par Sylvain Petit.

 
« Peut-être que nous sommes nombreux à caresser de vains espoirs.
Mais tant que nous serons vivants, nous continuerons à espérer dans nos frères.
Ne pas le faire, c’est être mort. »

Sylvain Petit

Le remède, c’est la pauvreté, par Goffredo Parise.

 
« La pauvreté est une idéologie, politique et économique. »

Goffredo Parise

L’Enfer s’appelle Mustapha, par Olivier Favier.

 
« Le cas de Mustapha n’est pas des plus faciles à défendre. Il est de ceux pourtant qui doivent être entendus haut et fort, car le sort qui lui a été infligé hier à midi par la Cour d’appel de Douai, confirmant son expulsion, est peut-être le meilleur exemple de l’inhumanité à laquelle peut conduire une froide logique administrative et judiciaire.  »

Olivier Favier

La richesse de ce monde, par Olivier Favier.

 
« La solidarité en effet n’est pas un simple impératif moral qui voudrait qu’on prête une attention privilégiée aux plus faibles. C’est une conception de la vie qui voit en l’autre la première des richesses. »

Olivier Favier

Organiser les migrations, entretien avec François Crépeau.

 
« Comme les gens qui sont venus de façon irrégulière fuyant l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste ou fuyant l’Espagne franquiste, les gens qui sont venus de façon irrégulière ont fait le bon choix pour eux-mêmes et pour leurs enfants et leurs enfants seront fiers de ce qu’ils ont fait. C’est du cran de l’endurance et du courage. À leur place, nous pourrions ne pas avoir le même courage, et c’est ce qui est très encourageant. »

François Crépeau

Calais, un autre cercle au purgatoire, par Olivier Favier.

 
« Cette nuit je pense à ce bras de mer dérisoire et infranchissable qui sépare ces deux grandes nations si fières de leur universalité, l’Angleterre des libertés individuelles et la France des droits de l’homme. À ces deux grandes nations qui ont appris au monde entier, que les hommes avaient un corps dont ils pouvaient disposer et qu’ils naissaient et demeuraient libres et égaux en droits. »

Olivier Favier