Mot-clé : Première guerre mondiale

22 août 1914 : cent ans d’oubli, par Olivier Favier.

 
« Ce « combat de rencontre », comme on l’appelle encore, est l’épicentre du plus vaste engagement de toute la première guerre mondiale. Le même jour, les Allemands mènent une offensive de moindre ampleur, sans être mieux informés des manœuvres adverses. Quoi qu’il en soit, les lignes se sont brusquement rapprochées et des combats éclatent tout au long d’un front qui s’étend de Mons à Belfort, sur près de 600 km. À Rossignol, ce sont 7 000 soldats français qui meurent dans la journée, 17 000 pour les quinze batailles livrées dans le Luxembourg belge, 25 000 sur l’ensemble des combats. Ce record macabre n’a jamais été dépassé depuis dans l’Histoire de France. »

Olivier Favier

22 août 1914 : le jour le plus sanglant de l’Histoire de France, entretien avec Jean-Claude Delhez.

 
« Les causes des défaites sanglantes de l’armée française dans l’été 1914 tiennent à la faiblesse de l’infanterie (uniforme trop voyant et tir imprécis) et surtout à celle du commandement intermédiaire, c’est-à-dire la hiérarchie qui va du colonel de régiment au général d’armée. Chez ces officiers, on découvre des tares physiques et psychologiques (obésité, dépression nerveuse…) mais l’essentiel est dans l’infériorité intellectuelle vis-à-vis du commandement allemand. Ce dernier est d’un niveau fort homogène là où chez les Français on trouve des généraux de même valeur et d’autres qui commettent des erreurs dramatiques, qui se payent au prix fort. Il faut suivre, par exemple, l’errance de l’état-major du corps colonial à la bataille de Rossignol pour comprendre l’ampleur de ces lacunes et leur impact sur les combats. »

Jean-Claude Delhez

Le Drapeau, par Jean Zay.

 
« Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.
Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tous les pays. »

Jean Zay

Contribution au centenaire du suicide de la civilisation européenne, par Léonard Vincent.

 
« Pourtant si nous savions réellement de quoi nous parlons la plupart du temps, nous n’aurions pas d’opinion, j’en suis certain.

Ou alors elle serait empreinte d’ironie. De ce pas de côté qui est le signe que nous ne sommes pas totalement conquis. De ce décalage bienveillant et subversif qui a marqué par exemple les grands coups de génie de la civilisation européenne, c’est-à-dire la culture. Nous serions peut-être bien seuls, mais nos yeux seraient ouverts et nos actes seraient plus clairs, et plus fermes. »

Léonard Vincent

Guido Picelli: rebelle et dérangeant, entretien avec Giancarlo Bocchi, par Olivier Favier.

 
« La Bataille de Parme est la première grande victoire en Europe des antifascistes. La seconde sera encore l’œuvre de Picelli, le 1er janvier 1937 en Espagne, à Mirabueno, première victoire républicaine sur le Front de Madrid. »

Giancarlo Bocchi

J’ai peur, par Léon Werth.

 
« S’il suffisait d’être lâche, pour être méritant, quelle belle époque serait la nôtre. Lâches, ceux qui s’embusquaient en affirmant leur patriotisme; lâches, ceux qui font triompher leurs conceptions diplomatiques ou leur foi patriotique par la mort des plus jeunes ou des plus exposés; lâches, ceux qui se font un mérite d’un risque auquel ils ne peuvent se soustraire; lâches aussi, s’ils l’acceptent comme une nécessité supérieure; lâches alors, parce que trop bêtes. »

Léon Werth

De faibles lueurs dans la nuit: le pacifisme durant la Première Guerre Mondiale.

  À Craonne, le 5 novembre 1998, le premier ministre français Lionel Jospin se prononce officiellement, pour la première fois, en faveur d’une mémoire incluant une part de ceux qu’André Loez a appelé « les refus de guerre »: « Certains de ces soldats, épuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue trempée de sang,Lire la suite…

Discours de Bruxelles, 29 juillet 1914, par Jean Jaurès.

 
« Nous ne connaissons qu’un seul traité: celui qui nous lie à la race humaine! Nous ne connaissons pas les traités secrets! »

Jean Jaurès

Discours de Bâle, 24 novembre 1912, par Jean Jaurès.

 
« Nous avons été reçus dans cette église au son des cloches qui me parut, tout à l’heure, comme un appel à la réconciliation générale. Il me rappela l’inscription que Schiller avait gravée sur sa cloche symbolique: Vivos voco, mortuos plango, fulgura frango! Vivos voco: j’appelle les vivants pour qu’il se défendent contre le monstre qui apparaît à l’horizon. Mortuos plango: je pleure sur les morts innombrables couchés là-bas vers l’Orient et dont la puanteur arrive jusqu’à nous comme un remords. Fulgura frango: je briserai les foudres de la guerre qui menacent dans les nuées. »

Jean Jaurès

Un pays invisible (extrait), par Stephan Wackwitz.

« Il paraît que dans les années soixante, pendant plusieurs mois, Ernst Jünger se levait tous les matins, s’habillait correctement et restait prostré dans un fauteuil jusqu’à l’heure du coucher. C’était sans doute la dépression muette et abyssale du vétéran de la Grande Guerre que j’avais sentie enfant en présence de mon grand-père, bien qu’à l’époque je n’eusse pas su dire pourquoi il était si triste, si froid et si insensible, si angoissant. »

Stephan Wackwitz