Ce qui est arrivé à Quentin à Nantes, le 22 Février 2014. Le témoignage de Julien.

 

Suite à la publication sur ce site du témoignage de Quentin, un simple manifestant grièvement blessé lors de la manifestation de Nantes contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes le 22/02/2014, m’est parvenu ce message de Julien, simple manifestant lui aussi, qui est parmi les personnes qui lui ont porté secours. Julien n’est pas un militant préparé à faire face à une situation d’urgence. C’est un simple citoyen nantais qui, parmi quarante mille autres, est descendu dans la rue ce samedi-là pour manifester contre une construction désapprouvée, rappelons-le, par 56% des Français, selon un récent sondage IFOP réalisé du 12 au 14 février 2014. Suite à notre discussion téléphonique, je reproduis avec son autorisation ce qu’il m’a spontanément écrit.

« Je suis une des personnes qui ont secouru et emmené Quentin dans un garage souterrain après l’avoir porté, pendant que les CRS continuaient à nous tirer dessus avec des Flash-Ball, des grenades assourdissantes, des fumigènes. Ils étaient a trente mètres de nous, alors que nous étions seulement 5 ou 6 personnes dans cette rue, à essayer tant bien que mal de mettre Quentin à l’abri des tirs. Ils nous ont poursuivi malgré le fait que nous portions un blessé et ils nous tiraient dessus, dans le dos, alors que nous leur faisions tous des signes [les bras en croix, précision apportée lors de notre conversation téléphonique] pour qu’ils arrêtent. Nous n’avons lancé absolument AUCUN projectile, une des personnes qui nous a aidées à porter Quentin a reçu un tir de Flash-Ball dans les côtes, il a eu très mal et du mal à respirer, ils ont sûrement dû lui casser des côtes. Nous avons été obligés de descendre les deux personnes blessées dans un parking souterrain pour être sûrs de ne plus nous faire tirer dessus et attendre que les pompiers arrivent jusqu’à nous. Cette scène était insoutenable, ils ont très bien vu que nous venions en aide à une personne et n’ont pas hésité une seconde à nous tirer dans le dos. Ils ne se sont même pas souciés de la personne que nous essayions de mettre à l’abri (Quentin) ni de la personne sur qui ils ont tiré quand celui-ci aidait Quentin, alors que Quentin avait perdu connaissance et était en sang! Nous avons vu sa mère aujourd’hui, elle est dépitée, révoltée et choquée de cette violence! Quentin a eu horriblement mal, il va devoir se faire opérer pour qu’on lui mette des plaques de fer pour lui reconstruire les os autour de l’œil, car en plus d’avoir perdu son œil et sa paupière, il a 4 fractures autour.

Bref, je suis révolté! mais je suis content de voir qu’il se rétablit doucement car en en voyant son état ce jour-là, j’ai cru qu’il n’allait pas s’en sortir. Je rappelle qu’il n’a jeté aucun projectile ni fait aucune dégradation.

Je vous fais parvenir une photo d’une personne [prise avec un téléphone portable, précision apportée lors de notre conversation téléphonique] que nous avons secourue aussi et emmenée aux pompiers, un peu avant Quentin. Lui aussi a été frappé par un tir de Flash-Ball en plein visage, il était lui aussi inconscient et en sang quand nous l’avons amené chez les pompiers. Voyez vous-même la violence de la photo! Cette image peut choquer [Image reproduite dans cet article avec l’autorisation de l’auteur]. Je ne connais pas son nom et ne sais pas ce qu’il s’est passé pour lui par la suite. »

Quentin à l'H^p

Quentin à l’Hôpital, le 23/02/2014.

Compléments autour des violences policières du 22/02/2014:

Sur le projet de l’aéroport:

Partager sur