Marie, par Guillaume Apollinaire.

 

Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C’est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie

Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu’elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux

Les brebis s’en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d’argent
Des soldats passent et que n’ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je

Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux

Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine

Extrait de Alcools, 1913.

Guillaume Apollinaire récite Marie

Léo Ferré interprète Marie

Marie Laurencin

Marie Laurencin et Guillaume Apollinaire se rencontrent par le biais de Pablo Picasso en 1907. S’ensuivent cinq années d’une relation tourmentée avant que, lassée par des infidélités nombreuses, Marie Laurencin ne prenne définitivement ses distances. Dans son testament, elle demandera néanmoins à ce qu’on glisse entre ses mains une rose blanche et une lettre d’amour du poète.

Groupe d'amis (1908), par Marie Laurencin. Musée de Baltimore.

Groupe d’amis (1908), par Marie Laurencin. Musée de Baltimore.

Apollinaire et ses amis (1909), par Marie Laurencin.

Apollinaire et ses amis (1909), par Marie Laurencin. Musée Pouchkine, Moscou.

LE PONT MIRABEAU

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Extrait de Alcools, 1913.

Apollinaire récite Le Pont Mirabeau

Serge Reggiani interprète le Pont Mirabeau

 

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