Mot-clé : Poésie contemporaine

Flore et faune, par Rodolfo Alonso.

« Le paradis est un rêve animal. »

Rodolfo Alonso

Il y aura sûrement, par Andrea di Consoli.

« Nous sommes restés au bar des jours entiers
Avec le poids du temps et de la faute
Avec un terrible désir d’embrasser le monde
Au cas où il se serait présenté. »

Andrea di Consoli

Des ruines (3), par Jean-Luc Raharimanana.

« Je suis encore debout. Des paroles figées dans la décrépitude magnifique. Cette simple conscience que la vie est encore érigée dans l’instant, qu’importent les poussières qui tombent de mes ruines, vivre est toujours laisser une part de soi à la mort.

C’est de là que (j’écris) je parle…

De mes ruines. »

Jean-Luc Raharimanana

Des ruines (2), par Jean-Luc Raharimanana.

« De là où je parle, le scandale doit se justifier, le cri doit s’expliquer, et je ruse, je n’aborde pas de front les oreilles qui m’écoutent, je dois ménager les susceptibilités, ne pas traumatiser avec des histoires à l’africaine qui dérangent les consciences, mes mots dansent n’est-ce pas ? Quelle incroyable inventivité ! La fusion de l’oralité et de l’écriture ! La rencontre des traditions et de la modernité ! Je peux même rajouter que je suis d’une île, les vagues, les océans, la houle et la fureur, les cyclones, la rencontre des cultures et des races –ô pardon, les races n’existent pas, la rencontre des populations, les brassages, le métissage, la créolisation, littérature-monde qui réinventera le monde, un monde fou de tolérance et de partage, toutes les langues en face de soi, « et ta gueule tu la fermeras ! ». »

Jean-Luc Raharimanana

Des ruines (1), par Jean-Luc Raharimanana.

« Étrange comme le bourreau de ces siècles, par le miracle du don et du prodige s’est mué en sauveur impuissant, impuissant face à mon incapacité à accepter le progrès, impuissant face à mes guerres intestines, à mon refus de tout, de la démocratie, de la bonne gouvernance, de tout ce bazar mondialiste. Car bien sûr, l’esclavagiste s’est fait abolitionniste, l’ancien colon, du jour au lendemain, fut le messie.  »

Jean-Luc Raharimanana

Visage de toi, par Mario Benedetti.

« j’ai une solitude
si pleine de gens
que je peux l’organiser
comme si c’était un défilé
par couleurs
tailles
et promesses
par époques
par toucher
par saveur »

Mario Benedetti

Tactique et stratégie, par Mario Benedetti.

« ma tactique est
de m’arrêter dans ton souvenir
je ne sais comment et je ne sais
sous quel prétexte
mais de rester en toi »

Mario Benedetti

Flaques de verre (introduction), par Pierre Reverdy.

« Je ne vois plus la poésie qu’entre les lignes. »

Pierre Reverdy

Contre la poésie, par Witold Gombrowicz.

« Il n’est rien de plus instructif que l’expérience, et c’est pourquoi j’en ai trouvé quelques-unes fort curieuses : par exemple, lire un poème quelconque en modifiant intentionnellement l’ordre de lecture, de sorte qu’elle en devenait absurde, sans qu’aucun de mes auditeurs (fins, cultivés et fervents admirateurs du poète en question) ne s’en aperçoive ; ou analyser en détail un poème plus long et constater avec étonnement que « ses admirateurs » ne l’avaient pas lu en entier. Comment est-ce possible ? Tant admirer quelqu’un et ne pas le lire. Tant aimer la « précision mathématique des mots » et ne pas percevoir une altération fondamentale dans l’ordre de l’expression.  »

Witold Gombrowicz

Holocauste de l’automne (extraits), par Desmond Egan.

« avec le sentiment d’avoir tous perdu
une part de ce que nous aurions dû être »

Desmond Egan