Microfractures, par Carlo Bordini.

 

L’idée de la catastrophe, une catastrophe silencieuse;
à peine perceptible, mais inévitable.
Ou bien les microfractures psychiques,
les microfractures d’une âme.
Mon âme est pleine de
microfractures. Ce sont les petits traumatismes cachés,
oubliés, qui reviennent quelquefois, quand l’âme est sous tension,
quand tu ne t’en aperçois pas. En dedans je suis entièrement effondré. Je ne m’en aperçois pas,
mais je le suis. Peut-être quand tu traverses une rue et qu’un bruit te fait frémir,
quand tu trembles devant un nom prononcé, quand
tu as un soudain sursaut d’insécurité. Les microfractures
ce sont les coups de téléphone et les rendez-vous qui t’énervent,
soudain,
aller dans une pièce et se demander: qu’est ce que je suis en train de faire,
etc. etc.
toute une liste d’énervements, de sursauts, de choses qui te blessent,
et les détails qui t’énervent, etc. etc.
le cerveau qui fonctionne trop,

 

Bio-bibliographie de Carlo Bordini à la suite du poème Les Gestes. Traduit par Olivier Favier.

 

MICROFRATTURE

L’idea della catastrofe, una catastrofe silenziosa,
appena avvertita, ma inevitabile.
Oppure le microfratture psichiche,
le microfratture di un’anima.
La mia anima piena di
microfratture. Sono i piccoli traumi nascosti,
dimenticati, che tornano ogni tanto, quando l’anima è sotto sforzo,
quando non te ne accorgi. Dentro sono franato tutto. Non me ne accorgo,
ma lo sono. Magari quando attraversi una strada e un rumore ti fa rabbrividire,
quando tremi alla pronuncia di un nome, quando
hai un improvviso soprassalto di insicurezza. Le microfratture
sono le telefonate e gli appuntamenti che ti snervano,
improvvisamente,
l’andare in una stanza e chiedersi: che ci sto a fare,
ecc. ecc.
tutto un elenco di nervosismi, si soprassalti, delle cose che ti feriscono,
e le minuzie che ti snervano, ecc. ecc.
il cervello che funziona troppo,

 

Carlo Bordini, I costruttori di vulcani, Luca Sossella, Bologna, 2010.