Tunisie, Italie, France: une révolution, deux populismes. Entretien avec Pierre Henry.

 

Pierre Henry est directeur général de France Terre d’asile depuis 1997.  Cette association vient de lancer un appel que nous invitons à signer:  La France doit apporter une réponse digne et responsable à la question tunisienne . Parallèlement, nous proposons cet entretien exclusif visant à rétablir quelques perspectives.

 

Dans l’émission d’Arrêt sur images mise en ligne le 29 avril dernier, Khaled Chrigui, trente-et-un ans, qui dort dans un square du dix-neuvième arrondissement depuis un mois et demi, après avoir traversé la Méditerranée au péril de sa vie, est interviewé par Daniel Schneidermann. À la question, “pourquoi avez-vous choisi la France?” Il répond sans hésiter: “Parce que notre relation avec la France remonte à 1881”. Cette année-là ne fait plus autant mémoire au nord de la Méditerranée. En 1881, la Tunisie devient un protectorat français, au grand dam de l’Italie, très présente dans la région depuis plusieurs décennies. L’événement a de lourdes conséquences dans les relations diplomatiques entre les deux pays. Un demi siècle plus tard cependant, sur les quelques cent soixante-quinze mille Européens présents en Tunisie, près de quatre-vingt-dix mille sont italiens, pour moins de soixante-dix mille Français. Rappelons, un symbole parmi d’autres, que Giuseppe Garibaldi avait un temps trouvé refuge à Tunis, quelques temps avant l’unité. Italiens et Français ont quitté la Tunisie avec l’indépendance en 1954. Mais sur la côte Sud, le souvenir des rapports est resté, la familiarité avec les cultures, les langues, à laquelle s’ajoute, pour l’Italie, une véritable proximité géographique: l’île de Lampedusa n’est qu’à deux-cent vingt-cinq kilomètres de Sfax. Depuis la révolution qui a mis fin au régime de Ben Ali, le blocage des frontières n’est plus aussi ferme du côté tunisien. Entre vingt et vingt-cinq mille personnes ont choisi le chemin d’une vie meilleure, au nord, un chemin que ni la France ni l’Italie ne semblent vouloir leur ouvrir.

Olivier Favier: Si les frontières font l’objet d’un contrôle moins strict de la part des autorités tunisiennes, le départ des migrants n’en est pas moins d’une violence extrême. Les départs sont heureusement peu nombreux, quand on considère les risques encourus, puisqu’on peut estimer qu’entre quatre et cinq pour cent des candidats à l’émigration meurent pendant la traversée. Comment une telle situation est-elle devenue possible?

Pierre Henry: Sur la question des mouvements migratoires vers l’Europe, il y a eu toute cette dramatisation et cette mise en scène du côté italien. Dès le départ de la “Révolution de la dignité”, comme disent les Tunisiens  -les médias européens ont parlé eux de la Révolution du Jasmin-, Franco Frattini(1) a donné consistance au mythe de l’invasion, en parlant d’“exode biblique”(2), et en même temps il s’est interrogé sur le fait de savoir s’il fallait vraiment soutenir les révolutions arabes et s’il fallait exporter notre modèle démocratique, compte tenu les flux migratoires que cela pouvait générer. En réalité, la Tunisie est un pays de dix millions d’habitants, dans une situation de grande difficulté économique, et finalement selon les chiffres du Haut Commissariat aux Réfugiés, vingt-trois mille personnes ont atteint les rives de Lampedusa. C’est très faible au vu de la période que la région traverse. Concrètement, les départs viennent plutôt du sud du pays. Lampedusa est à dix-huit heures de mer de Zarzis. Quelques entrepreneurs locaux ont compris tout le profit qu’il pouvait tirer d’une pareille situation.  L’achat d’un bateau sur place coute environ trente mille euros. Avec cent à cent-cinquante passagers, à mille trois-cents euros par personne, vous avez un bénéfice assuré de cent-mille euros en moins de vingt-quatre heures, une fois les intermédiaires payés.
Avec un taux de chômage important, où même une jeunesse formée n’a pas de perspectives, quelques uns tentent l’aventure vers la France dont ils ont une image complètement rêvée, fantasmée, celle des droits de l’homme. Ils ont bien du mal à comprendre que, finalement, ils n’y seront pas accueillis. Évidemment la traversée ne se fait pas sans danger. On évalue à un millier le nombre de personnes qui sont mortes en mer. Ce qui est certain, d’après les chiffres du Haut Commissariat aux Réfugiés, c’est qu’une embarcation venue de Libye a sombré corps et biens, faisant deux-cent soixante-neuf victimes. Dans bien d’autres cas, nous sommes face à des données aussi imprécises qu’alarmantes. J’ajoute que la politique des visas bloque la circulation des personnes. Aujourd’hui pour venir de manière légale, avec les garanties à fournir, il faut réunir un minimum de quatre mille euros(3). Comme je l’ai dit, le prix du passage par la voie maritime est de mille trois-cents euros. La venue d’un certain nombre de personnes par la voie légale, lesquelles pouvaient s’appuyer sur la solidarité familiale, est rendue impossible par des demandes toujours croissantes de garanties. Il faut se souvenir que la politique des visas de court séjour -moins de trois mois- est réglée au niveau européen, mais avec des modalités nationales. Entre 1986 et 2010, en France, on est passé de cinq millions de visas à un million sept-cent mille.
Il faut ajouter à cela la situation en Libye, où les conséquences de la guerre sont assumées aujourd’hui par la Tunisie. Voilà un pays de dix millions d’habitants qui reçoit près de trois-cent mille personnes déplacées, et un autre, la France, qui prend la tête d’une coalition et ne veut en assumer aucune des conséquences. Ce scénario est très inquiétant, parce que nous ne sommes qu’à la première phase de cette migration. Il y aura une deuxième phase, qui viendra de Libye, et il faudra la gérer.

Olivier Favier: Dans la même émission d’Arrêt sur images, Claire Rodier parle d’une règle de proximité dans les destinations choisies par les émigrants -une règle plus déterminante que les écarts de richesse. En fin de compte, quand on compare les chiffres et la gestion des migrations dans nos deux pays européens avec ceux en Tunisie même, on a l’impression qu’à la proximité géographique s’est substitué un gouffre culturel. D’un côté, trois-cent mille personnes hébergées, nourries, malgré des services publics impuissants à apporter des solutions rapides, malgré surtout la pauvreté des populations du sud de la Tunisie, de l’autre, pour en rester à l’exemple parisien, quatre-cents personnes abandonnées à leur sort nuit et jour depuis un mois et demi.

Pierre Henry: Deux populismes sont à l’œuvre. Celui de l’Italie est une manière d’obtenir le soutien de l’Europe. L’Europe estimant qu’il n’y a pas d’afflux massif, l’Italie répond en délivrant des visas de trois mois pour l’ensemble de l’espace de Schengen. La réaction du second populisme ne se fait pas attendre. En bloquant ostensiblement la frontière entre Vintimille et Menton, la France met en scène une interrogation sur la souveraineté. Cette théâtralisation fait partie d’une construction idéologique que l’on tente d’asséner aux Français. Pourtant, je pense que l’interrogation des dix ou vingt prochaines années portera sur l’existence des frontières et non sur la circulation des individus. La circulation des Européens ne va pas être remis en cause pour l’arrivée de quelques dizaines de milliers de migrants. N’oublions pas qu’il y a aussi des accords de délocalisation des frontières avec des pays tiers. L’un des plus cyniques est le traité de Benghazi entre l’Italie et la Libye en août 2008, avec la bénédiction des autres états européens(4). Berlusconi paie Khadafi pour qu’il joue le rôle de gardien d’une grande prison pour les Africains subsahariens. La marine italienne a ainsi renvoyé des migrants que le colonel s’est empressé de placer dans des “centres de soin”. Toujours avec la Libye, un accord migratoire européen a été signé au niveau européen en mars 2010.

Olivier Favier: Le 6 avril dernier, sur Marianne 2, Jean-Dominque Merchet estimait à trente millions d’euros le coût des deux premières semaines de guerre. Dans le même temps, aucun soutien n’a été apporté aux migrants. La seule aide financière est venue de la mairie de Paris, et elle s’élève à cent mille euros.

Pierre Henry: L’état qui nous parle de souveraineté et de la nécessité d’un état fort, régalien, a dans ses attributions de répondre à la question migratoire. Il y répond, mais d’une manière exclusivement policière, à l’encontre de toutes les traditions politiques de ce pays. Pas un centime n’a été versé pour héberger des gens venus de façon illégale sur le territoire français. L’idée est bien entendu de ne pas donner d’argument à l’électorat du Front national. Dans le même temps, la facture de la guerre avec la Libye s’alourdit de semaine en semaine, et désormais de mois en mois. Dès lors, certaines municipalités se retrouvent confrontées à des personnes en grande difficulté sociale et sanitaire. Dans l’urgence, la ville de Paris s’est ainsi engagée sur cent mille euros, somme qui a par ailleurs été rapidement portée à deux-cent mille. Nous sommes dans une logique de déresponsabilisation de l’état et de transferts de charge permanents sur les collectivités locales et territoriales. Au-delà de l’accueil, il y a une impasse et c’est bien cela qui radicalise la situation aujourd’hui, y compris de la part de jeunes gens qui ne comprennent pas qu’on ne puisse pas leur offrir du travail et des papiers. Un certain nombre, un quart, un tiers, seraient prêts à rentrer chez eux. Mais ils voudraient le faire de façon digne. Deux dispositifs existent, un retour dit volontaire à deux mille euros, et un retour humanitaire à trois-cents. Pour entrer dans le premier cas, il faut trois mois de séjour en situation irrégulière. Concernant les entrées des migrants tunisiens, le ministère de l’intérieur ne veut pas mettre en place de dispositif spécifique. Les arguments invoqués sont les suivants: cette prime pourrait servir d’appel d’air, en outre ceux qui partiraient pourraient être tentés de revenir. Vus les frais que représentent la traversée, penser qu’ils risqueraient de nouveau leur vie est simplement absurde. La crise qui touche les Français constitue le troisième argument. Le résultat de cet immobilisme est une incitation à la clandestinité pour que dans trois mois ceux qui veulent repartir puissent le faire avec deux mille euros. C’est cette somme qui leur permettra de rembourser les dettes contractées à leur départ et de ne pas vivre ce périple comme une complète humiliation.
Parallèlement à cela, un certain nombre de jeunes gens ont occupé un bâtiment de la ville de Paris. La situation est complexe, même s’il ne m’appartient pas de donner les arguments de la mairie. Ce bâtiment était dangereux. Un maire a des responsabilités, il engage des négociations, qui échouent, pour différentes raisons. La première est qu’il n’y a pas d’interlocuteurs précis dans ce groupe. Les personnes qui ont occupé ce bâtiment ont pensé qu’il y avait là une issue. La logique institutionnelle impose autre chose. Que puis-je ajouter? La radicalité n’est pas toujours la responsabilité. Dans le scénario que je viens de décrire, il faut faire très attention. Le pouvoir recherche la radicalité, et l’affrontement autour de cette question lui plaît évidemment beaucoup. Nous, les associations, nous sommes en grande difficulté, parce que nous n’avons rien à proposer sur les moyens et longs termes. Certes nous pouvons examiner les dossiers au cas par cas. Ensuite, nous ne pouvons que plaider pour un accueil temporaire, une aide au retour spécifique, des accords migratoires qui permettent des échanges au titre de la formation professionnelle et du travail, une aide massive à la Tunisie. Face à ces requêtes, on se heurte à l’intransigeance du pouvoir. Combien de temps cela va-t-il durer? Le pourrissement est inquiétant.

Olivier Favier: Combien de places sont mises à disposition et restent-ils encore des personnes à la rue?

Pierre Henry: Pour l’instant nous disposons de cent-vingt places en hôtel avec France terre d’asile, d’une centaine de places avec l’association Aurore, d’une centaine d’autres dans un lieu qui vient d’ouvrir rue du Faubourg Saint-Honoré, pas très loin de l’Élysée. Mais il reste bien sûr des gens à la rue. Il est difficile de savoir combien. Le comptage entre le jour et la nuit est très différent. La solidarité familiale, communautaire, fonctionne à Paris aussi. Le ministère de l’intérieur, lui, prétend résoudre le problème par le rapatriement à la frontière de soixante à soixante-dix personnes par jour. Or c’est majoritairement vers l’Italie que les gens sont accompagnés. Des avions privés d’une vingtaine de places sont affrétés. À Nice, une voiture les amène à cinq kilomètres de la frontière à Vintimille. Imaginez-vous le coût de tout cela! La situation est très tendue sur le terrain. On ne peut pas exclure de graves incidents dans les jours et les semaines qui viennent. Bien sûr, j’entends les discours de ceux qui pensent qu’il faut des lieux pour que les gens puissent s’autogérer, mais les conditions ne sont pas réunies. Je rappelle qu’en démocratie il faut une majorité. Si l’on veut une autre politique migratoire, il faut convaincre avec un ensemble de solutions raisonnables. Celles proposées par le gouvernement ne le sont pas. Mais je pense qu’il faut se méfier encore une fois de tout scénario de radicalité. Et il ne faut pas jouer les vendeurs de rêve. Quand je dis aux jeunes Tunisiens, que je n’ai ni travail ni papiers à leur offrir, j’ai bien conscience de ne pas faire des heureux. Mais je n’ai pas le droit de leur dire, venez avec moi on va occuper un bâtiment public et l’avenir sera radieux. L’avenir ce sera d’en sortir menottés et d’être mis en garde en vue dans un centre de rétention avant expulsion.
Nous ne sommes pas à la hauteur de notre devoir historique. La Tunisie est un pays francophone, francophile, c’est une première responsabilité y compris au regard de notre histoire. Ajoutons ce constat. Dans trente ans, l’Europe aura besoin d’environ cinquante-cinq millions de travailleurs.
Dans le même temps, sur la rive sud de la Méditerranée, entre cent soixante-dix et cent quatre-vingts millions de personnes de moins de trente ans formeront une main d’œuvre disponible. Le scénario ne peut être que celui d’une ouverture raisonnée et d’un partage du développement. Veut-on la confrontation, un enfermement communautaire?
Les jeunes gens qui arrivent ici ne comprennent pas pourquoi les migrants sont aidés dans leur pays, quand dans un pays infiniment plus riche ils se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Entretien réalisé le 6/05/2011.

 

Pour aller plus loin.

  • Sur le site d’Arrêt sur images, l’émission du 29 avril, « Jamais je ne retenterais l’aventure vers la France » Les migrants tunisiens, fantasmes et réalité. L’émission est présentée par Daniel Schneidermann, préparée par Laure Daussy et réalisée par Dan Israel. Voir aussi sur ce site, l’article de Laure Daussy, Les migrants tunisiens tiraillés entre plusieurs sauveteurs.
  • Carnet de route : embarquement pour l’espoir ? Envoyé spécial du 21 avril sur France 2.
    Un reportage de d’Alexandra Deniau et François Renaud.
    Des milliers de Tunisiens qui émigrent clandestinement vers l’Europe, des centaines de milliers d’immigrés qui fuient la guerre en Libye. L’Europe doit-elle redouter l’arrivée massive de clandestins ? Carnet de route en France et en Tunisie à bord de l’un des rafiots surchargés mettant le cap sur l’île italienne de Lampedusa. Pourquoi certains Tunisiens fuient-ils leur pays ? Pourquoi ne croient-ils pas aux promesses de leur révolution après 23 ans de dictature ?
  • Une intéressante mise au point sur le blog d’Éric Valmir, Entre la libye et l’île de Lampedusa, la Méditerranée est un cimetière africain.
  • Concernant la situation dans l’Est parisien, et notamment l’évacuation de la rue Simon Bolivar, voir les articles très documentés de Fabien Abitbol. À titre personnel, j’ajoute que je trouve infiniment regrettable, dans les circonstances présentes, qu’il ait été fait appel aux forces de police pour une urgence très surestimée, sinon douteuse, avec pour conséquence principale d’ajouter à la précarité de personnes en grande détresse physique et morale. Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de ces désaccords, tout doit être fait pour apporter aux migrants un soutien véritable et qu’il convient de garder autant que faire se peut un consensus large. La position de la Ligue des droits de l’homme, qui « regrette la précipitation de la Mairie de Paris dans la gestion d’une occupation dont elle aurait pu prendre la mesure dans une conjoncture spécifique », a le mérite selon moi de marquer un clair désaccord sans jouer l’isolement, qui en l’état ne peut que nuire à ceux qu’il faut prioritairement aider. Voici enfin une suite de déclarations et d’éléments apportés par le Cip-Idf, qui suffit à montrer que la dite intervention n’a pas été sans conséquence pour les personnes arrêtées. Après cette regrettable faute, on ne peut que plaider pour une gestion plus digne de la suite du dossier.
  • Un article du 12 mai semble montrer que la situation fait l’objet d’un traitement acceptable. Je vous invite à lire le compte-rendu de Danielle Simonnet concernant l’expulsion de la rue Simon Bolivar.
  • Communiqué de Marie-Christine Vergiat, députée européenne Front de Gauche – Élue pour le Sud-Est – Membre de la commission libertés civiles, justice et affaires intérieures, à Strasbourg le 10 mai 2011:

Schengen : ces foutaises seraient risibles si la situation n’était pas si dramatique

Nous sommes confrontés à un débat surréaliste.

Il faudrait remettre en cause la liberté de circulation des personnes en Europe et remettre en place les frontières nationales pour faire face à des « flux » de migrants qui s’abattraient sur l’Europe depuis la révolution Tunisienne.

Si les conséquences de ces gesticulations n’étaient pas aussi dramatiques et loin des réalités, on pourrait en rire.

Mais plus de 1 150 personnes sont mortes en Méditerranée depuis le début de l’année 2011.

23.000 Tunisiens sont arrivés en Italie.

Pendant ce temps là,  plus de 700.000 personnes ont fui la Libye pour se refugier dans les pays voisins et ont eu un autre accueil que celui que sait leur réserver l’Europe.

Mr. Sarkozy et Berlusconi font prévaloir des intérêts électoralistes à courte vue, manient les peurs et font croire à une invasion.

Foutaises ! Quand  l’Europe cessera-t-elle de mettre en contradiction ses discours et ses actes?

Que nous propose-t-on aujourd’hui ? Au delà des mots : céder aux pressions populistes. Encore et toujours renforcer Frontex, poursuivre la construction de l’Europe forteresse. Les frontières n’ont jamais arrêté personnes, pas même aux heures les plus sombres de notre histoire.

N’a-t-on pas un autre message à faire passer aux démocraties naissantes de l’autre côté de la Méditerranée ?

L’Union a tendu la main aux dictateurs pendant des années au mépris de ses valeurs, n’était-il pas temps qu’elle ouvre les yeux. Moi, je crois que si.

*Première puissance économique du monde, l’UE peut montrer la voie de la solidarité tant en interne qu’en externe et rappeler à l’ordre les pays qui se fourvoient. Oui le problème c’est nous et pas ces femmes et ces hommes qui croient en nous et en nos valeurs. (Voilà ce que j’aurais voulu ajouter si j’en avais eu le temps.)

  1. Ministre des affaires étrangères du quatrième gouvernement Silvio Berlusconi formé en 2008 []
  2. Dans un entretien publié sur le Corriere della Sera le 23 février 2011. []
  3. Dans l’émission d’Arrêt sur images, Claire Rodier, présidente de Migreurop, réseau euro-africain d’aide aux migrants, évoque quant à elle un minimum de six-mille euros pour l’obtention d’un visa de complaisance. []
  4. Voir à ce propos l’excellente analyse, en français, de l’économiste napolitain Giuliano Luongo. []