Mot-clé : Histoire

Des outils pour dire non, rencontre avec François Nadiras (LDH Toulon), par Olivier Favier.

« En juin 2004, François Nadiras conçoit seul un site qu’il veut d’emblée simple et lisible, avec quelques rubriques et sous-rubriques, pour que chacun puisse y voyager commodément. En exergue, on peut lire cette phrase de Pierre Vidal-Naquet: « Si l’Histoire sert à quelque chose, c’est à ouvrir les yeux. » C’est une façon “humaniste” de lier curiosité, érudition et exigence morale. »

Olivier Favier

Marco Tullio Giordana et le roman d’un massacre, par Olivier Favier.

« À près de quarante années de distance, il serait temps de renverser les phrases toujours répétées de Pier Paolo Pasolini. Nous ne savons pas, non, nous ne saurons jamais. Nous ne savons pas, mais nous avons des preuves. Des preuves que beaucoup ont menti, mentent et mentiront encore tant que des menaces continueront à peser sur leur vie, qu’ils auront intérêt à le faire, par orgueil ou par simple habitude. Que tout ce qui pourrait sembler acceptable pour un État démocratique et une société civile ne résiste à aucun examen sérieux. Que les historiens comme les juges sont demeurés impuissants à rendre une vérité qui gît seulement dans notre imaginaire. Dans le laboratoire des années 70, l’Italie toute entière s’est changée en roman. »

Olivier Favier

Tableaux parisiens n°1, par Benjamin Bardou.

« La vraie connaissance, celle dont les formes contiennent les expériences temporelles non réifiées, est analogue à l’éveil. Le passé est alors non pas comme un recueil fixe de souvenirs mais comme des images d’un rêve que seul le présent éveillé interprète et situe dans sa tension vers le futur. »

Benjamin Bardou

Les intellectuels et la guerre d’Algérie, Archives d’un combat, entretien avec Catherine Brun.

« Ce que les archives rendent aussi sensible, ce sont les phénomènes d’occultation et de surexposition mémorielles. Non, la question de la torture n’a pas été révélée en 2000; non, le Manifeste des 121 ne suffit pas à rendre compte des engagements intellectuels de la période. »

Catherine Brun

Le Narrateur. Réflexions à propos de l’œuvre de Nicolas Leskov (première partie), par Walter Benjamin.

« Il est aisé de concevoir l’une des causes de ce phénomène: le cours de l’expérience a baissé. Et il a l’air de prolonger sa chute. Nul jour qui ne nous prouve que cette baisse ait atteint un nouveau record, que non seulement l’image du monde extérieur mais celui du monde moral ait subi des changements considérés avant comme impossibles. Avec la Grande Guerre un processus devenait manifeste qui, depuis, ne devait plus s’arrêter. Ne s’est-on pas aperçu à l’armistice que les gens revenaient muets du front? non pas enrichis mais appauvris en expérience communicable. Et quoi d’étonnant à cela? Jamais expérience n’a été aussi foncièrement démentie que les expériences stratégiques par la guerre de position, matérielles par l’inflation, morales par les gouvernants. Une génération qui avait encore pris le tramway à chevaux pour aller à l’école se trouvait en plein air, dans un paysage où rien n’était demeuré inchangé sinon les nuages; et, dans le champ d’action de courants mortels et d’explosions délétères, minuscule, le frêle corps humain. »

Walter Benjamin