José ou l’identité, par Olivier Favier.

 
Lorsque je lui parle la première fois au téléphone, je reconnais immédiatement sa voix. Ce sont les mêmes inflexions douces, mélodieuses et subtilement ironiques, que j’ai entendues quelques jours plus tôt dans l’émission réalisée par Martine Abat. Martine cherchait des contacts de migrants francophones résidant sur Paris pour témoigner de l’importance du téléphone portable sur le chemin de l’exil. José était hébergé chez une amie qui me l’avait brièvement évoqué comme un ancien journaliste guinéen parlant parfaitement français. Sur le plan personnel, elle m’avait décrit un homme discret, poli et avenant. Je les ai mis en contact. Leur rencontre s’est avérée si forte que pour finir elle a occupé toute la demi-heure prévue pour ce programme. L’après-midi de la diffusion, j’échange au téléphone quelques mots avec mon éditeur, lequel me dit aussitôt: « Je viens d’entendre un témoignage extraordinaire à la radio, tu devrais l’écouter, c’est pour toi. » Je devine d’emblée de quoi il est question. Le soir-même, je découvre un petit chef-d’œuvre.

Nous avons rendez-vous à notre tour vers le Canal de l’Ourcq. L’homme qui m’apparaît est d’une grande courtoisie, mais je perçois un contraste entre cette réserve affable, ce ton accommodant et un visage d’une totale impassibilité, un regard distant qu’on ne croise pas d’emblée mais qui vous fixe après peu sans ciller, tout en restant sur ses gardes. José a la silhouette sèche et la démarche souple d’un boxeur, quelque chose de félin qui tour à tour doit savoir séduire et mordre, mais ne saurait laisser indifférent.

Alors que je le photographie dans la lumière bleutée d’un crépuscule d’hiver, je me prends à sourire, car c’est lui qui me pose des questions. Je l’écoute me parler de l’histoire de son pays, de l’origine controversée de l’ethnie peule à laquelle il appartient par sa mère, et je me demande si cette conversation passionnante est guidée par un désir irrépressible de partager réflexions et connaissances ou par l’appréhension bien légitime de se confier à un inconnu. Dès ma première demande cependant, il répond de manière précise, sans fausse pudeur ni détours, avec la même intelligence de la situation qu’on perçoit d’emblée dans son entretien radiodiffusé. Chemin faisant, ce qui m’est apparu d’abord comme un paradoxe dessine une profonde cohérence: José est un homme honnête et fier, timide mais inébranlable, qui sait précisément ce qu’il attend de lui et ce qu’il peut offrir aux autres. De toutes les images que j’ai prises, se détache celle qu’il a lui-même composée, s’appuyant sur la balustrade du pont, les yeux tournés vers le photographe, tournant le dos aux lumières de la ville.

José est né en 1983 au grand hôpital de Danka à Conakry. Originaire de Mamou en Moyenne Guinée, sa mère a eu son premier fils à l’âge de quinze ans en 1976, fruit d’une histoire d’amour avec un chanteur un peu plus âgé qu’elle. « En Guinée, on est frères par la mère » précise José pour me dire combien sa fratrie est soudée. L’année suivant la séparation, elle refait sa vie avec un négociant en bois portugais, de qui elle aura deux autres garçons. Les enfants sont déclarés au consulat du Portugal à Abidjan. En 1986, la famille au complet part vivre au Liberia. Lors de la guerre civile, en 1989, le père de José s’enfuit en livrant femme et enfants à leur sort. Je manifeste ma surprise devant une telle malchance sentimentale. « Deux hommes l’ont quittée, me dit-il en réponse, pour lui laisser trois garçons qui lui ont tout offert. »

C’est ainsi que neuf mois durant mère et enfants survivent en forêt. Un jour, José et son petit frère cernent un rat dans un trou avec la ferme intention d’en faire leur repas. Alors qu’ils s’apprêtent à l’enfumer, un chasseur qui les surveille à distance abat un python qui se glisse au-dessus d’eux. Les populations en fuite ont tout dévoré, et les quelques proies qui demeurent exacerbent les concurrences. « Même les serpents sont affamés » lui explique son sauveur. Pendant toute cette période, la famille cherche à rejoindre un camp de réfugiés à quelques kilomètres de la frontière. Quand elle y parvient enfin, elle découvre un lieu détruit par les rebelles, vidé de ses habitants.

Rentrée à Conakry, la mère de José ouvre un bar-restaurant dans la maison familiale, établissement qu’elle continue de gérer aujourd’hui. Sur les traces de son frère aîné sorti major de la grande école de marketing de Conakry, José obtient brillamment son baccalauréat littéraire. « Trente-neuvième sur vingt-cinq mille candidats, mais les premières places sont pour les scientifiques », précise-t-il aussitôt. Puis il intègre la première promotion de l’École des arts. « Je suis la preuve que l’école publique peut fonctionner » me dit-il, dans un pays où, faute de moyens, elle a plutôt mauvaise réputation. Durant cinq ans, il se forme à la pratique cinématographique et c’est par le plus grand des hasards qu’il commence à faire de la radio. Lors d’une discussion d’étudiants dans un café, on lui suggère d’envoyer son curriculum vitae dans une radio importante, Espace FM. Une amie d’enfance -sa petite sœur, comme il préfère l’appeler- l’encourage à ne pas laisser passer sa chance. Mais le dit curriculum est jeté par la secrétaire, une ancienne camarade de classe qui ne l’apprécie guère, comme il l’apprendra par la suite. Passant dans le bureau le week-end, le directeur trouve une feuille chiffonnée dans la corbeille à papiers, il est intrigué par le profil atypique d’un jeune homme qui apprend à filmer et écrire des scénarios, mais ambitionne aussi d’être chanteur. « Il m’a appelé à cinq heures du matin, une façon de tester mon timbre et mon élocution au réveil, puis il m’a donné rendez-vous l’après-midi à 16 heures. » Le soir-même, il est embauché. « Vous avez une voix » résume son recruteur, conscient d’avoir trouvé en lui un collaborateur d’exception.

Dès lors, José se lance à corps perdu dans la conception d’émission, le journalisme et l’animation. Il fait jusqu’à neuf heures d’antenne par jour, multiplie les prix et se fait connaître auprès d’un large public. Conscient de son rôle, il refuse de se faire censurer et n’hésite pas à aborder les sujets dangereux. Un jour les Bérets rouges -les soldats de la garde présidentielle- font irruption dans le studio. Ne sachant pas comment interrompre les programmes, ils arrachent tous les câbles et détruisent le matériel. José est privé d’antenne. Pour finir, alors qu’il rentre chez lui dans un quartier périphérique de la ville, il aperçoit une voiture inconnue garée sur le bas-côté. Deux hommes s’affairent suite à une crevaison. Il s’arrête pour les aider, il n’a guère le choix du reste, la voie n’étant pas assez large pour que deux automobiles puissent se croiser. Alors qu’il se penche sur la roue, il reçoit un coup de cric sur la tête. Il se réveille un mois plus tard, à l’hôpital où sa mère l’a fait enregistrer sous un nom d’emprunt. Une douleur lui serre la poitrine. Pensant l’achever, ses agresseurs lui ont donné un coup de tournevis au niveau du cœur. Mais l’arme improvisée est restée bloquée par une côte, qui s’est brisée. José me montre cette première cicatrice. Autour d’elle, un tatouage plus ancien dessine un soleil.

Il reprend le journalisme, mais cette fois dans le secteur culturel, qu’il imagine moins risqué. Là aussi pourtant, il ne peut s’empêcher de dénoncer la corruption, les disparitions mystérieuses dans les musées, les pratiques frauduleuses. Puis vient le coup de grâce, le 28 septembre 2009.

Ce jour-là, toute l’opposition guinéenne est rassemblée dans un stade, on parle de trente-cinq mille personnes avec la foule alentour, mais il manque celui qui deviendra l’année suivante le nouveau Président de la République, Alpha Condé. C’est le cinquante-et-unième anniversaire de la Constitution. Peu avant 11 heures 30 du matin, les Bérets rouges, des unités d’élite de la police et de la gendarmerie ainsi que des milices informelles, lancent des grenades lacrymogènes et ouvrent le feu sur la foule à la kalachnikov. Les chargeurs vidés, le massacre se poursuit à l’arme blanche. Le bilan officiel, qui n’inclut pas les crimes des jours suivants, est de cent cinquante-sept morts. S’ajoutent à cela des dizaines de femmes violées. Avec trois autres journalistes de la radio, José assiste à toute la scène. Avec l’un d’eux, il parvient à sauter par-dessus la grille, il voit un enfant se faire poignarder à la cuisse alors qu’il tente de s’enfuir. Il se cache dans un caniveau quatre heures durant. Les deux autres journalistes, protégés politiquement, ont été aussitôt mis à l’abri par des miliaires. « C’est ce stade qui m’a mis la haine au cœur. » Par-delà les horreurs inoubliables de ce jour-là, reste une question obsédante, qu’il n’est guère prudent de poser à voix haute: « Pourquoi Alpha Condé n’était-il pas là? »

José se sait surveillé. Son nom et ses prénoms portugais ne lui laissent aucune chance de passer inaperçu. Il choisit donc de quitter le pays par la frontière malienne qui est la moins surveillée, sans profiter d’une ascendance européenne qui lui permettrait de changer de nationalité. Sans doute aussi ne veut-il rien devoir à ce père qui les a autrefois abandonnés à leur sort, et un départ par avion lui vaudrait sans doute d’être immédiatement arrêté. À Bamako, il est coxeur et tailleur -un métier qu’il a appris enfant chez un artisan du quartier de son enfance où il allait « perdre son temps » après l’école. Il y reste un an et demi puis décide de se rendre à Nouakchott, en Mauritanie. Là, il travaille dans un cybercafé et fait le taxi. Au bout de presque deux ans, il a assez d’argent pour tenter avec sa propre voiture la traversée de Bilad al-Khouf, ce « pays de la peur » qui mène vers le Maroc pour peu qu’on échappe aux brigands. L’essence de réserve, un bien précieux, est cachée dans des bidons d’huile. Avec son petit frère, ils rejoignent Jebba, une petite ville sur la Méditerranée, entre Ceuta et Melilla. « On s’est tenus à l’écart des points de passage des migrants. Là où il y a mes frères, il n’y a que des ennuis. » Là-bas ils travaillent pour Walid, un pêcheur chez qui ils se sentent en famille. « Il a tout fait pour nous, c’était vraiment un brave homme. Parfois il nous parlait devant tout le monde de ses filles à marier. Il disait que nous deux, on était des garçons bien élevés. On riait, mais ça nous mettait mal à l’aise. » José se tait un instant puis reprend: « Un jour, il faudra que je le rembourse. » Après quelques mois en effet, son frère et lui décident de tenter leur chance en Europe. Pour cela, ils comptent subtiliser le bateau-pirogue de Walid et son double moteur, mais il faut malgré tout payer quatre-vingt-cinq litres d’essence et être assez nombreux à bord pour que l’embarcation reste stable. Ils se décident à recruter dans le ghetto voisin une dizaine de candidats au départ. Tous se cotiseront pour les frais du voyage. L’accueil est méfiant: « Avec notre peau trop blanche, ils nous ont pris pour des Arabes, des passeurs en quête d’un mauvais coup, c’est seulement quand on s’est mis à parler soussou qu’ils se sont mis à nous faire confiance. »

Puis c’est le départ. Après des heures d’errance, le bateau s’immobilise. « J’ai dit qu’on laissait reposer le moteur, pour ne pas qu’il y ait de panique à bord. » Peu à peu cependant, la vérité se fait jour et le désespoir s’installe parmi les passagers. Au bout du troisième jour, alors que tout le monde dort, José entend « le son de la délivrance ». Un hélicoptère espagnol les a repérés. On les emmène à Tarifa, dans un centre d’accueil créé sur une île entre les murs d’un ancien fort, mais dont le fonctionnement est plus proche d’un centre de rétention. Un jour, une médecin de la Croix-Rouge leur demande de les accompagner jusqu’à sa voiture pour chercher des médicaments. Arrivés à proximité du véhicule, elle leur intime de monter. « On n’y croyait pas, se souvient José, elle nous a emmenés jusqu’à Hendaye, elle nous a acheté des billets de train et donné cinq-cents euros chacun. » La route de José et de son petit-frère se séparent. Ce dernier choisit de passer au Portugal, où il change de nationalité, monte une affaire d’import-export avant de retourner en Afrique pour gérer son entreprise. José décide de poursuivre sa route jusqu’à Paris.

Les premières semaines, il dort dans un local poubelle, il a appris les codes d’entrée de l’immeuble et adopte pour entrer et sortir l’attitude d’un locataire banal. Il emmène chaque soir avec lui deux bouteilles pour faire sa toilette, le vide-ordures lui sert d’évacuation pour l’eau sale. Un jour, le gardien de l’immeuble se rend compte de cette présence clandestine. Il jette toutes les affaires de José qui se retrouve désormais littéralement sans papier.

José connaît la rue, il dort dans le parc de la Porte de Saint-Ouen, celui-là même où se rassemblent à intervalles réguliers nombre d’exilés syriens. « Je ne savais même pas qu’il y avait le 115 » m’explique-t-il. La méthode pour obtenir une place en hébergement d’urgence, les deux messages sur le répondeur, celui qui vous laisse attendre indéfiniment et celui qui vous indique qu’un opérateur va vous répondre, les heures précises auxquelles appeler, tout cela José l’a expliqué au micro de Martine Abat avec la maestria d’un journaliste radio. « Un jour, me raconte-t-il, j’ai vu un gars qui appelait dans la rue et j’ai aussitôt reconnu le premier message, celui qui ne sert à rien. Toute mon angoisse est remontée, mais je ne pouvais pas le laisser comme ça. Alors je suis revenu sur mes pas et je lui ai expliqué comment s’y prendre. Le soir-même, il dormait au chaud. Enfin, disons qu’il n’était pas dehors entre 23 heures et 6 heures du matin. »

« J’ai perdu un orteil » m’annonce-t-il soudain. « Ce sont des choses qui arrivent quand on passe les nuits dans la rue ici en plein hiver. » De cela pourtant, il ne s’est rendu compte que beaucoup plus tard, lors d’une visite chez le médecin, un pouce devenu en partie insensible à cause du froid. Pour sa chance, le nerf principal n’a pas été touché, la mobilité du pied n’est pas affectée et il n’est pas exclu qu’à terme tout rentre dans la normale. « La magie du corps humain » dit-il en souriant. Quoi qu’il en soit, il a échappé de peu à une amputation.

Un jour, il croise un ami guinéen pour qui il avait tout fait au pays. Celui-ci lui suggère de s’engager dans la Légion étrangère. Un peu plus tard, alors qu’il ont rendez-vous Gare du Nord, il lui demande de l’attendre avant de disparaître pour toujours.

Par désespoir de cause, José suit cet étrange conseil qu’il regrette d’emblée. Au bout de quatre mois de formation, il renonce à s’engager pour les cinq ans prévus, malgré l’absence de toute autre perspective. Lors d’un stage de survie en forêt, il a retrouvé ses réflexes d’enfance et impressionné ses camarades. Mais la cruauté des supérieurs lui paraît insensée.

Désormais, il a appris à gérer la rue. « Vivre dehors a eu ceci de bon, que ça m’a fait arrêter tous mes vices. » Au printemps 2014, avec un ami, ils s’installent dans ce qui va devenir le camp d’Austerlitz. Il y restera un an et demi, avant son démantèlement le 17 septembre 2015. Il en devient l’un des responsables, s’efforce d’assurer la sécurité des nouveaux venus. « Des membres de Daech venaient la nuit, vers deux heures du matin, ils distribuaient leurs tracts aux plus jeunes. La troisième fois je me suis énervé, ils me sont tombés à quatre dessus. » Il me montre une seconde cicatrice au visage, un coup de couteau qui a transpercé sa joue. Ici, les dangers sont multiples, entre les identitaires qui viennent les menacer, des passants pas toujours bienveillants, des migrants alcoolisés qui se sont livrés à deux reprises à des tentatives de viol sur des femmes du camp. « Je ne dormais pratiquement pas, je leur disais de hurler mon nom si quelqu’un essayait d’entrer dans leur tente pendant la nuit. » Les associations musulmanes ne trouvent guère de grâce à ses yeux. « Les gens qui venaient étaient souvent sincères, mais elles étaient toutes financées par des gens très riches et il y avait des détournements de fonds en proportions considérables. »

José garde aussi quelques beaux souvenirs. « La seule personne connue qui est venue pour nous aider, pas pour se montrer, c’est le rappeur Disiz, il est passé tard un soir, anonymement. J’étais le seul ou presque à le connaître, je l’avais même interviewé quand j’étais à la radio. Évidemment il n’aura jamais imaginé que le journaliste vedette de Conakry et ce gars qui dormait dans la rue en bord de Seine étaient une seule et même personne. » Un autre nom revient obstinément dans sa conversation, celui d’Anne Lacoste, une formatrice indépendante qui chaque jour amène de quoi manger depuis son domicile gare de Lyon. « Depuis que j’ai quitté les lieux, elle me donne deux-cents euros par mois quoi qu’il arrive. Si un jour je retourne à Guinée, j’expliquerai à ma mère que j’ai trouvé une deuxième mère à Paris. Aucune femme n’a jamais fait autant pour moi. »

Pour tromper l’ennui au camp, José joue au scrabble: « Une manière comme une autre de montrer qu’on n’était pas des incultes, malgré notre condition. » Une jeune femme s’approche: « Tu sais que le champion du monde de scrabble est néo-zélandais? » « Je me suis demandé ce qu’elle me voulait, je me méfiais des blancs à cause de ce qu’avait fait mon père. » Mais la jeune femme ne se laisse pas impressionner par cet abord un peu rêche. Étudiante en journalisme, elle est venue pour aider à la vie du camp. Au début, José se moque un peu d’elle, de son empressement, il la teste, puis leur relation se change en histoire d’amour. En septembre, José obtient une place en hôtel, mais comme ses démarches visent à l’obtention de la nationalité portugaise, on le menace après quelques mois de le remettre à la rue. C’est ainsi qu’il se retrouve chez notre amie commune. Faute de papiers, il cherche une place de serveur ou de plongeur au noir. Dans un restaurant anglais de la rue Rochebrune, on l’accuse d’avoir volé un tablier à l’issue de sa journée d’essai. Il rit. « Mais que veux-tu que je fasse d’un tablier? » Sur la base de cette allégation pour le moins surprenante, on lui réclame cent euros. Après enquête, il s’avère que le même scénario s’est produit avec un autre migrant. Cette ultime mésaventure ne devrait être bientôt qu’un obscur mauvais souvenir. Le vendredi 12 février 2016, au lendemain de notre entretien, les démarches de José auprès du consulat du Portugal ont finalement abouti. D’ici quelques jours, il sera citoyen européen et partagera avec sa compagne une chambre dans l’Ouest de Paris. Il pourra enfin se mettre en quête d’un travail déclaré, à la hauteur, espérons-le, d’une si riche expérience de vie et de ses multiples compétences. Il aura aussi le temps d’écrire un livre, dont ce récit n’est peut-être qu’un modeste avant-goût. « J’ai commencé, me dit-t-il, je rédige la préface. »

José, Canal de l'Ourcq, Paris, février 2016. Photo: Olivier Favier.

José, Canal de l’Ourcq, Paris, février 2016. Photo: Olivier Favier.

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