Avec l’été qui s’approche, par Mauro Fabi.

 

Avec l’été qui s’approche la ville
commence à se transformer à
devenir autre.
Dans l’air vibre une vieille fatigue
la lourde réverbération d’un rien engourdi.
Se libère de l’asphalte une vapeur
trop longtemps retenue
le ciel devient bas et privé de mystère,
la lumière tremble, le paysage
d’une saison à l’autre s’accomplit
au cours d’une soirée.

Tu marches, tu accomplis ton voyage quotidien.
La ville glisse sous tes pieds, immense
un immense cœur fatigué
tendre et cruel, un cœur prêt à
tressaillir, à pomper son sang dense
de goudron dans les artères impudiques.

Traduit par Olivier Favier. Extrait de Mauro Fabi, Le domaine des morts / Il dominio dei Morti, Évian, Alidades, 2010.

Con l’avvicinarsi dell’estate la città
comincia a trasformarsi a
diventare altro.
Nell’aria vibra una stanchezza antica
il pesante riverbero di un nulla intorpidito.
Si sprigiona dall’asfalto un vapore
troppo a lungo trattenuto
il cielo si fa basso e privo di mistero,
la luce trema, il passaggio
da una stagione all’altra si compie
nell’arco di una sera.

Tu cammini, compi il tuo viaggio quotidiano.
La città ti scorre sotto i piedi immensa
un immenso cuore affaticato
morbido e feroce, un cuore pronto a
sobbalzare, a pompare il suo denso sangue
di catrame nelle impudiche arterie.