Rester assis dans le noir, par Mauro Fabi.

 

Rester assis dans le noir en essayant de ne pas
se souvenir
rester immobile comme une chose
à peine effleurée par le doute de sa propre
présence
écouter, au-delà des carreaux, le bruit
de la pluie être bercés éprouver
le même désir de tomber légèrement
frôler en pensée la chute l’inévitable
vulnérabilité de l’impact,
frapper des mains sur ses jambes soudain
se lever étrangement excités,
rester encore quelques instants à fixer
la fausse obscurité
(dans chaque obscurité une lumière luit)

se sentir si proches de la compréhension
de tout
si inutilement proches…

Traduit par Olivier Favier. Poème extrait de la séquence poétique Le Domaine des morts / Il dominio dei morti, Évian, Alidades, 2010.

Stare seduti al buio cercando di non
ricordare
rimanere immobili come una cosa
appena sfiorata dal dubbio della propria
presenza
ascoltare, al di là dei vetri, il rumore
della pioggia essere cullati provare
lo stesso desiderio di precipitare lievemente
sfiorare con la mente la caduta l’inevitabile
vulnerabilità dell’impatto,
battere le mani sulle gambe d’improvviso
alzarsi stranamente eccitati,
rimanere ancora qualche istante a fissare
la falsa oscurità
(in ogni buio rischiara una luce)

sentirsi così prossimi alla comprensione
di tutto
così inutilmente vicini…