Tous les jours, par Mauro Fabi.

 

Tous les jours j’essaie
de recommencer
je recommence du point que j’ai
laissé en suspens le soir avant
de m’endormir.
Tous les jours il y a une chose à
découvrir à déplacer un pan à
écarter.
Parfois les choses se manifestent
pour ce qu’elles sont purs
phénomènes colorés et pleins
de rides.
Parfois non.
Parfois il arrive que nous apercevions
quelque chose de nouveau
(dans le visage de ta femme par exemple
ce matin il y avait quelque chose de nouveau).
Tous les jours je donne de l’eau aux plantes
qui grandissent vigoureuses et font
naître une fleur.
Tous les jours je pense à la mort
à comment cela est-il possible que je laisse tout
ainsi en suspens sans me réveiller.
Tous les jours je m’asperge d’huile
je passe des heures dans cette maison dans le plus absolu
silence à attendre.

Poème extrait de Mauro Fabi, Il motore di vetro, Bari, Palomar, 2004. Traduit par Olivier Favier.

 

Tutti i giorni

Tutti i giorni provo
a ricominciare
ricominicio dal punto che ho
lasciato in sospeso la sera prima
di addormentarmi.
Tutti i giorni c’è una cosa da
scoprire spostare un lembo da
scostare.
A volte le cose si manifestano
per quello che sono puri
fenomeni colorati e pieni
di rughe.
A volte no.
A volte capita che ci scorgiamo
qualcosa di nuovo
(nel volto di tua moglie ad esempio
stamattina c’era qualcosa di nuovo).
Tutti i giorni porto l’acqua alle piante
che crescono rigogliose e fanno
sbocciare un fiore.
Tutti i giorni penso alla morte
a come può essere che io lasci tutto
così in sospeso senza risvegliarmi.
Tutti i giorni mi cospargo d’olio
Passo ore in questa casa in silenzio
più assoluto ad aspettare.