Khachik Pepisyan, 104 ans, survivant au génocide arménien, photo-reportage de Pier Giorgio Danella.

 
Pier Giorgio Danella est un photographe indépendant italien. En mars 2014, lors d’un voyage en Arménie et dans le Haut-Karabagh, il a rencontré Khachik Pepisyan, l’un des derniers survivants au génocide arménien de 1915-1916. Voici, en exclusivité, quelques images du reportage qu’il a réalisé. 

Photos: Pier Giorgio Danella. Légendes: Olivier Favier.

Khachik Pepisyan

Khachik Pepisyan est né à Kaboussieh le 15/09/1909 sur la côte méditerranéenne. C’est l’un des six villages dont les populations ont choisi de se replier sur la Musa Dagh [Musa Ler en arménien, la « montagne de Moïse »] pour résister aux Ottomans. Leur lutte a duré 53 jours, entre juillet et septembre 1915. © Pier Giorgio Danella.

Les rues

Lors du génocide, Khachick Pepisyan et sa famille trouvent refuge au Liban. De là, ils rejoignent les États-Unis. Khachik Pepisyan choisit finalement de s’installer en Arménie, il y a quelques années, à Ptghunk, à 20 km d’Erevan. © Pier Giorgio Danella.

La maison

Ptghunk est une communauté rurale située dans la communauté urbaine d’Ejmiadzin et la région d’Armavir. Elle est à 1200 km au nord-est de la région où est né Khachik Pepisyan. Tout près de là pourtant se trouve le village de Musaler, ainsi nommé en hommage à la résistance montagnarde de 1915. © Pier Giorgio Danella.

Voisin

À bientôt 105 ans, Khachick Pepisyan mène une vie tranquille et solitaire. Il semble ne plus avoir de famille. Un voisin lui rend visite quotidiennement. © Pier Giorgio Danella.

Intérieur

Le génocide arménien a coûté la vie à 1,2 millions de personnes entre 1915 et 1916. Le premier pays à en reconnaître l’existence est l’Uruguay en 1965. Quelques 600 000 Arméniens vivent aujourd’hui en France, où le génocide est reconnu depuis 2001. Pour autant, une loi visant à punir sa négation est rejetée par le Conseil constitutionnel en 2012. À un an du centenaire, la position négationniste du gouvernement d’Ankara apparaît de moins en moins tenable. © Pier Giorgio Danella.

Pour aller plus loin:

  • Le site de Pier Giorgio Danella. Contact: fotopgd@aol.com
  • Franz Werfel, Les quarante jours du Musa Dagh [Die Vierzig Tage des Musa Dagh], Paris, Albin Michel, 1936. Publié à Berlin en 1933, ce roman témoigne d’une réalité jusque là méconnue et se veut un signal d’alarme face à la politique antisémite du nazisme. Il est bientôt interdit par Hitler et brûlé lors des autodafés. On notera que l’État d’Israël n’a pas reconnu officiellement le génocide arménien.
  • Edgar Hilsenrath, Le conte de la pensée dernière [Das Märchen vom letzten Gedanken], Paris, Albin Michel, 1992 (traduit de l’allemand par Bernard Kreiss).