Discours de Bâle, 24 novembre 1912, par Jean Jaurès.

 
« Nous avons été reçus dans cette église au son des cloches qui me parut, tout à l’heure, comme un appel à la réconciliation générale. Il me rappela l’inscription que Schiller avait gravée sur sa cloche symbolique: Vivos voco, mortuos plango, fulgura frango! Vivos voco: j’appelle les vivants pour qu’il se défendent contre le monstre qui apparaît à l’horizon. Mortuos plango: je pleure sur les morts innombrables couchés là-bas vers l’Orient et dont la puanteur arrive jusqu’à nous comme un remords. Fulgura frango: je briserai les foudres de la guerre qui menacent dans les nuées. »

Jean Jaurès

Marie, par Guillaume Apollinaire.

 
« Le fleuve est pareil à ma peine
Il s’écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine »

Guillaume Apollinaire

Al-Shabaab 2.0: l’attaque de Nairobi n’est jamais qu’un début, par Matteo Guglielmo.

 
« L’attaque terroriste de Westgate, l’un des centres commerciaux les plus sélects de Nairobi, au Kenya, revendiquée par le mouvement somalien jihadiste Harakat al-Shabaab al-Mujaahidiin, a montré le visage le plus cruel d’une crise dont Mogadiscio est depuis longtemps l’irréductible pivot.

Les dynamiques de l’assaut font penser à une action bien planifiée et menée à bien avec une lucide cruauté. Ce n’est en rien le geste d’un groupe de désespérés, ou l’action extrême d’un mouvement sur le déclin, comme le récit dominant semble désormais interpréter les replis d’al-Shabaab depuis différents centres urbains du sud de la Somalie.

L’attentat de Nairobi pourrait marquer le sommet – sinon le début – d’une escalade de la violence, dont les racines sont indiscutablement liées aux opérations de l’armée kényane en Somalie, à l’échec de la lutte contre al-Shabaab et à la difficulté d’en comprendre les nombreuses métamorphoses. »

Matteo Guglielmo

Quand la France s’inventait en Syrie (1), par Olivier Favier.

 
« Les techniques de contre-guérilla pour tenter de garder le contrôle du pays, annoncent celles, victorieuses sur le long terme et profondément destructrices, de la campagne d’Algérie, où l’on retrouve de nombreux vétérans d’Égypte. Les fusillades de Jaffa apparaissent comme le premier massacre colonial français moderne. »

Olivier Favier

Quand la France s’inventait en Syrie (introduction), par Olivier Favier.

 
« Après plus de deux ans d’un conflit où d’emblée la France semble avoir voulu jouer un rôle diplomatique majeur, les articles parus sur la longue histoire commune entre la France et la Syrie demeurent rares et incomplets. Ce qui suit ne dit rien de l’histoire récente, sur laquelle on a bien plus écrit. Mon propos est de rappeler que de la Révolution française à la Seconde Guerre Mondiale, la France a manifesté des ambitions coloniales sur la Grande Syrie -Liban et Palestine inclus- gênée ou concurrencée par la Grande Bretagne, la Russie et bien sûr l’Empire Ottoman, maître officiel des lieux jusqu’à la première guerre mondiale. Ces ambitions peu connues -et sur lesquelles la bibliographie contemporaine, en français du moins, est parfois encore étonnamment tendancieuse- éclairent d’un jour utile une possible intervention militaire, qui aura surpris bien des Français. »

Olivier Favier

Merèré, una violenza coloniale in Somalia (2). I fatti analizzati da Il Tempo.

 
« Un giorno di gloria è questo per la patria! Chi ne dubita? “Incendiare il villaggio è stata una dolorosa necessità politica”, spiega solennemente il nunzio della santa e eroica impresa. Questa è la guerra! »

Il Tempo, 11 settembre 1908.

Merèré, una violenza coloniale in Somalia (1). La versione del Corriere della Sera.

 
« Ho trovato questi due articoli, quello di Giuliano Bonacci del Corriere della Sera del 10 settembre 1908 e la sua lettura critica da un giornalista del Tempo il giorno successivo, nelle carte di Luigi Robecchi-Bricchetti presso l’archivio storico di Pavia. L’esploratore, tornato definitivamente dalla Somalia nel 1904, ha ritagliato i due articoli e li ha evidenziati con una matita blu. Nei suoi libri, ha spesso condamnato il principio di una colonizzazione militare, illudendosi sulla possibilità di una colonizzazione strettamente economica, fatta di scambi tra colonizzatori e colonizzati. Nel 1903, c’erano in Somalia solo 13 italiani e Angelo del Boca la definisce una “colonia di carta”. Cinque anni dopo, la realtà della conquista si fa sentire. Il maggiore Di Giorgio, responsabile della distruzione del paese, diventerà tenente generale durante la prima guerra mondiale e ministro della guerra di Mussolini, dal 1924 al 1925. »

Olivier Favier

Solo per sfogare il core: les jardins de Bomarzo, par Olivier Favier.

 
« On a beaucoup et magnifiquement écrit sur Bomarzo, et je n’aurais pas la vanité d’énoncer quelque banalité impressionniste sur ce qui appartient désormais, à l’instar d’Arcimboldo ou de Jérome Bosch, à l’imaginaire du Surréalisme comme à la Renaissance européenne. Je m’en tiendrai à l’aveu du rêve de m’y rendre un jour, récemment réalisé. Que l’endroit soit devenu un parcours sagement fléché pour les excursions du dimanche, il faut conclure à l’inévitable. Pour autant le Bois sacré de Vicino Orsini n’a presque rien perdu de sa suggestion. Les photographies qui suivent, je l’espère, suffiront à le montrer. »

Olivier Favier

Poussière du jour. Le Paris d’Ed Van der Elsken, par Olivier Favier.

 
« Dans les années cinquante, sur l’autre rive, il y avait un autre café. Il accueillait une jeunesse qui, sans le savoir vraiment, inventa une autre façon de vivre, qui écrivait des phrases définitives sur ses pantalons, éclaircissait ses cheveux à l’eau de javel, ratatinait le chapeau-clac d’un ancien dadaïste changé en bourgeois stalinien, s’endormait sur les tables quand elle avait trop bu, et pour sa part la plus brillante, passa du lettrisme au situationnisme. »

Olivier Favier

Dernier bonheur, par Olivier Favier.

 
« Oh! Souvenirs doux et déchirants!… Et ce fut mon dernier bonheur. »

Gabriele d’Annunzio