Violence dans l’Éthiopie fasciste (3), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

Dans son rapport de campagne, hybride de rhétorique fasciste et de langue bureaucratique où liquidation ou solution (sistemazione) était souvent mis pour massacre, (Rodolfo Graziani) se félicitait d’avoir « mis la région à feu et à sang ».

Marie-Anne Matard-Bonucci

Violence dans l’Éthiopie fasciste (2), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

« Place au soleil » légitimement conquise par une nation prolétaire, l’Éthiopie fut aussi considérée comme une école de vie qui devait forger le caractère du nouvel homme italien. Critica Fascista décrivait une véritable métamorphose de l’homme italien : « [beaucoup] ont dû abandonner ces défauts caractéristiques de notre caractère. Bonté et ingénuité; opposition entre la volonté d’agir et une certaine indécision. Beaucoup de poids morts du caractère italien ont trouvé une sépulture en Afrique. »

Marie-Anne Matard-Bonucci

Violence dans l’Éthiopie fasciste (1), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

« Guerre d’expansion menée à contretemps de l’histoire, à une époque où les prémisses de la décolonisation apparaissaient dans plusieurs des Empires, la conquête de l’Éthiopie fut la seule entreprise coloniale d’Outre-mer menée par une puissance totalitaire. »

Marie-Anne Matard-Bonucci

Le triomphe de Grillo et du « mouvement-entreprise », par Giuliano Santoro.

« La parole maintenant doit passer à ceux qui peuvent endiguer et saboter le marketing privé du grillisme, en montrant pratiquement ses limites et ses fausses promesses sans être pris pour autant pour les restaurateurs de la souveraineté violée des partis. Que les autres s’écartent, ils ont déjà perdu. »

Giuliano Santoro

Italie, démocratie précaire, par Olivier Favier.

« Le laboratoire italien, baromètre européen du meilleur et du pire, annonce un ciel d’orage pour nos démocraties. À l’automne 2012, pour la première fois, plus de la moitié des électeurs siciliens n’ont pas voté aux élections régionales. L’“antipolitique” a donc bien triomphé, mais en-dehors des partis. »

Olivier Favier

La conquête de l’Éthiopie et le rêve d’une sexualité sur ordonnance (2), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

« Les recommandations de fidélité sexuelle étaient prises pour l’aveu d’une affection coupable. Les cadeaux étaient considérés comme des indices à charge : le caractère utilitaire de certains présents pouvait être plaidé mais ceux qui n’étaient manifestement destinés qu’à faire plaisir, enfonçaient les accusés. »

Marie-Anne Matard-Bonucci

La conquête de l’Éthiopie et le rêve d’une sexualité sur ordonnance (1), par Marie-Anne Matard-Bonucci.

« En dépit de discours affichant un humanisme à l’italienne, les autorités fascistes ne réprimèrent pas ces pratiques barbares des combattants, jugeant plus important de modifier les comportements sur un autre terrain: celui de la sexualité. Quelques mois après le début des hostilités, les relations des Italiens avec les femmes éthiopiennes devinrent, aux yeux des élites fascistes, une véritable « question » politique et une bataille prioritaire du régime. »

Marie-Anne Matard-Bonucci

Demande d’éclaircissements de la part de l’Institut culturel italien de Paris (pétition).

« Par le présent document il est expressément demandé à Madame Marina Valensise, Directrice de l’Institut culturel italien de Paris un communiqué officiel d’éclaircissements concernant les faits inhérents à la présentation du séminaire Giovanni Gentile: une pensée en acte, qui se sont déroulés le 2 février 2013 dans les locaux de l’Université de la Sorbonne à Paris et sponsorisé par le même Institut culturel italien. »

Grand comme un besoin de changer d’air, par Léon-Gontran Damas.

« Grand comme un besoin de changer d’air
pour le plaisir d’en finir avec un dilemme
au surcroît double »

Léon-Gontran Damas

La trentième année (extrait), par Ingeborg Bachmann.

« Un homme va sur ses trente ans, on n’en continue pas moins à le trouver jeune. Mais, sans arriver pourtant à découvrir en lui le changement, lui-même n’en est plus très sûr ; à croire qu’il n’a plus le droit de se dire jeune. Et un matin, un jour qu’il oubliera, il s’éveille, gisant soudain, incapable de se lever, frappé d’opaques rayons de lumière, sans armes et sans courage pour cette journée neuve. S’il ferme les yeux pour se protéger, il retombe et s’évanouit dans tous les instants vécus. »

Ingeborg Bachmann